MiniKonf de l’incubateur Paca-Est

Publié le 17 jan 07 à 08:40 | Catégorie : Création D’Entreprise | 11 commentaires

Logo Incubateur Paca-Est L’incubateur Paca-Est organise de manière régulière des minis conférences gratuites et ouvertes à tous à Nice, Sophia Antipolis et Toulon. Les thèmes abordés concernent la création d’entreprises innovantes. J’ai donc assisté hier soir pour la première fois à l’une d’entre elles dont le sujet était le montage du dossier du concours national d’aide à la création d’entreprises de technologies innovantes.

Pour information, ce concours est organisé par le Ministère chargé de la Recherche et doit permettre de détecter, de faire émerger des projets de création d’entreprises de technologies innovantes et de récompenser les meilleurs d’entre eux grâce à un soutien financier et un accompagnement adapté.

Pour participer à ce concours, il faut donc s’inscrire ici et remplir un dossier conséquent qui s’apparente évidemment grandement à un plan d’affaires. J’avais pendant un moment penser participer à ce concours, mais après avoir parcouru la liste des lauréats de l’année 2006 et la description des projets consacrés, il m’a semblé que mon projet ne rentrait pas vraiment dans les critères d’innovation requis. Par ailleurs, la préparation de ce dossier d’inscription demande énormément de temps et comme toujours c’est ce dont je dispose le moins.

J’ai donc décidé de me concentrer sur le développement de mon projet, mais de venir quand même à cette conférence pour en apprendre un peu plus sur cet incubateur, voir un peu l’ambiance et pourquoi pas rencontrer d’autres entrepreneurs.

La conférence avait lieu dans l’amphithéâtre d’une école d’ingénieur près de chez moi. Elle a débuté a l’heure, et personne n’est arrivé en cours de route ce qui prouve bien que tous les participants étaient réellement motivés pour y participer. Nous n’étions d’ailleurs pas beaucoup, un peu moins d’une vingtaine en fait. La conférence a commencé avec une rapide (mais alors très rapide, presque 2 minutes montre en main) présentation de l’incubateur Paca-Est :

Un incubateur est une structure d’accompagnement de projets de création d’entreprises innovantes. Il s’agit, avec une démarche volontariste, de valider et d’aider au montage des projets émergents. Cette validation, réalisée en qualifiant la faisabilité technologique, la réalité économique et la qualité entrepreneuriale de l’équipe, doit permettre de donner naissance à une entreprise rentable et pérenne sur le long terme.

Cet incubateur se focalise uniquement sur les projets issus du monde de la recherche. Il accompagne les porteurs de projets en les aidant à préparer des concours pour obtenir des subventions ou pour réaliser des études technico-économiques.

L’intervenant de Paca-Est a ensuite laissé la parole pour le reste de la conférence à deux experts de la société Ernst & Young spécialisés dans les activités de conseils aux entreprises (droit, fiscalité, conseil et management, stratégie, …). Le premier expert s’est tout de suite attaché à nous présenter son entreprise ainsi que la manière dont ils interviennent dans ce concours. En effet, depuis plusieurs années maintenant, le cabinet Ernst & Young est en charge de l’expertise des dossiers déposés.

Le second intervenant, plus jeune, a ensuite pris la parole pour rentrer dans le vif du sujet. Pour synthétiser, après une première sélection, le cabinet reçoit les candidats pendant 2 heures afin d’évaluer plus précisément leur projet. Il fait ensuite des proposition à un jury régional composé d’acteurs industriels (Oseo, Chambres De Commerces, …) et d’experts. Les projets retenus sont ensuite soumis au jury national qui déterminera les lauréats et donc les bénéficiaires des subventions (entre 45000 et 450000 euros maximum par projet).

Pour rappel, le dépôt des dossiers se fait mi-février et les résultats du concours sont connus fin juin. Globalement, les projets sont jugés sur le management, la technologie et les dimensions juridiques, financières et commerciales. La cohérence du projet est probablement le facteur le plus important aux yeux des examinateurs qui vont l’apprécier sous différents aspects très spécifiques comme son caractère innovant, la motivation de l’équipe, les démarches liées à la propriété intellectuelle ou encore les prévisions de dépenses qui vont être engagées grâce à la subvention.

En ce qui me concerne, je n’ai pas eu beaucoup à attendre (une demi-heure en fait) pour avoir confirmation que mon projet de création d’une application web ne rentre pas vraiment dans les critères de sélection du concours. En effet, même s’il s’agit d’un projet lié aux nouvelles technologies, il n’est pas ‘technologiquement’ innovant.

Malgré tout, je suis content d’avoir assisté à cette conférence. Le reste était vraiment intéressant, avec un discours très orienté ‘recherche’. C’est un peu normal, puisque c’est le Ministère chargé de la Recherche qui est à l’origine de ce concours. A la vue de ce qui a été dit, on sent vraiment que son but est de mettre en avant des projets d’envergure, cohérents et véritablement innovants (il faut que ce soit une ‘vitrine technologique’).

J’ai quand même eu l’impression de découvrir un nouveau monde avec son propre langage (’chaînes de valeur’, …). Le montage de ce type de société n’a vraiment rien à voir avec le lancement d’une boutique de chaussures. Il faut être capable d’intervenir sur différents aspects comme le marketing ou le financement. Je pense qu’il faut vraiment du temps pour apprendre et maîtriser tous ces mécanismes, ce qui explique peut-être un peu pourquoi l’age moyen des participants à cette conférence était plus près de quarante que de trente.

C’est la première fois que je voyais la création d’entreprise sous cet aspect pluridisciplinaire et un peu académique. Je ne pense pas que les stars du web comme YouTube ou Digg en soient passés par là, mais c’est peut-être aussi ça la particularité de la net économie.

A lire également

Les visiteurs qui ont vu cette page ont consulté ensuite :

A savoir

La rédaction de cet article a nécessité 1 heure et 55 minutes. Si vous le souhaitez, vous pouvez être prévenu de la parution de nouveaux articles en vous abonnant par RSS ou par email.


10 commentaires à propos de “MiniKonf de l’incubateur Paca-Est” :

  1. Si Ernst&Young est impliqué dans le projet, il est normal que l’on parle plus de concepts appris dans des Master of Business and Administration que de concepts réellement utiles à une Startup. Ces gens ne connaissent pas le sens du mot “Simple”. Normal quand on est payé au nombre d’heure facturées.

    La pluspart des concepts dont a besoin un entrepreneur sont basiques et ne nécessitent pas de sortir d’HEC.
    1. Avoir un produit vendable le plus tôt possible.
    2. Limiter *intelligement* au maximum les dépenses.

    Le reste n’est que discussion académique sur le sexe des anges. La chaîne de valeur se résume à savoir à d’où vient le pognon et où il va.

    Pour des ressources plus utiles, voir Paul Graham et sa bande:
    http://www.ycombinator.com/lib.html
    http://startupschool.org/

  2. Merci de nous avoir fait partager ton expérience, la lecture était très enrichissante, bien qu’en effet les lauréats soient presque exclusivement orientés recherche dure et donc en marge du Web.

    Le PDF m’a au passage permis de récupérer les adresses des incubateurs dans ma région, si vous êtes concernés téléchargez-le !

  3. Stephane c’est assez marrant puisque je bosse chez Ernst & Young et que je suis l’un des experts pour la mission sur le concours de création d’entreprises innovantes. Comme tu l’as très bien analyser les dossiers web ne partent pas forcément gagnant. En fin tout dépend comment on oriente le dossier sur l’innovation proposée.

  4. Nicolas, je sens que tu as une dent contre les cabinets de conseil et les écoles de commerce… Je pense aussi que tu te plantes sévèrement sur la perception de ces cabinets et des missions qu’ils peuvent réaliser pour accompagner des starts up. Renseignes toi avant d’écrire n’importe quoi!

  5. Les concours ont leur utilité pour soutenir des projets connaissant une phase de transfert recherche/entreprise longue et difficile. Ils n’ont pas pour finalité de financer tous les projets en amorçage. Même le capital risque ne le fait pas puisque le ratio des entreprises de haute technologie financées par des VCs par rapport au total des entreprises de haute technologie créées chaque année est de l’ordre d’une pour 5 (estimation doigt mouillé et en plein ponant!).

    Le seul juge de paix en matière d’évaluation des formes de soutien des jeunes entreprises est la création de valeur ultérieure. Comment se comportent les sociétés passant par le concours du ministère de la recherche par rapport à la moyenne et par rapport à celles qui sont financées par des VCs?

  6. Henri, je sens que tu as fait une école de commerce ou que tu bosses pour une société genre Ersnt & Young. Et merci, mais je suis très bien renseigné sur le sujet vu que justement j’ai envisagé de faire un troisième cycle en MBA.

    Dans mon boulot (Ingénieur d’étude dans une SSII), je constate tous les jours les dégâts que peuvent causer des gens avec un MBA qui s’attaquent à des questions de technologie. Il est probable qu’ils soient qualifiés pour conseiller de grosses entreprises sur comment gérer leurs affaires mais pour monter une startup, j’émet des doutes.

    Je n’ai pas assisté à la conférence, mais si on y a abordé des concepts tel que la chaîne de valeur, je suis prêt à parier qu’on a oublié d’y aborder une question annexe presque sans importance que beaucoup d’entreprises, bizarrement conseillées par Ersnt&Young et cie oublient:

    “Comment faire un produit satisfaisant pour le client”.

    Pour des sociétés dont la préoccupation principale est de savoir si elles auront suffisament de cash demain pour toujours être là, venir aborder les concepts que l’on enseigne en MBA, c’est au mieux de l’optimisation prématurée comme on dirat dans mon boulot.

    Et quand on voit des personnes capables de faire 26 slides sur la satisfaction des clients cela fait peur. La totalité du propos se résume normalement à “client satisfait => cash” le reste n’est qu’une série de corrollaires assez triviaux. Quand je parcours les sujets de conférence, je suis dubitatif quand à la valeur apportée pour une société qui démarre.

    Donc je maintiens mon propos, à part 2-3 conférences, dans l’ensemble il s’agit de discussions sur le sexe des anges. Rencontrer un avocat et un comptable sera beaucoup plus profitable pour un créateur d’entreprise.

  7. Ah oui et je ne parle même pas de la qualité désastreuse des présentations. Quand-est-ce que les gens apprendrons à se servir correctement de Power Point?

  8. Ce que tu n’as pas vu avec cette mission sur le concours c’est que le ministère reçoit plus de 1000 dossiers qui doivent être analyser en un mois et demi avec plus de 600 expertises en face à face avec les porteurs de projet. Ces expertises sont réalisées par Ernst & Young et c’est l’un des rares cabinets de conseil à pouvoir tenir les délais tout en garantissant un niveau d’expertise sur le sujet de la création d’entreprise. Pour ton information tous les consultants intervenant sur la mission sont scientifiques avec une formation complémentaire commerciale, ils travaillent quotidiennement avec des entrepreneurs pour les aider à formaliser leur stratégie d’accès aux marchés.

    Tu parles de produits satisfaisant pour le client, oui mais ensuite il ne faut perdre l’objectif principal qui est de faire du biz donc il faut savoir vendre ce super produit.. D’où des concepts de chaine de valeur, de stratégie de partenariat, de commercialisation…

    Je pense que cette conférence avait pour objet de présenter les objectifs du concours et le montage du dossier avec les pièges à éviter. Pour connaitre le consultant qui a fait cette prez je pense que le sujet a plutôt été bien traité, mais stéphane nous donnera son point de vue sur le sujet.

  9. haaa l’Incubateur Paca EST! Nous y sommes incubés (comme quoi les projets web peuvent être bien accompagnés même s’ils ne présentent “qu’une” innovation dans l’usage et pas forcément technologique.

    Maintenant c’est vrai que pour le concours du ministère de la Recherche c’est un peu plus fermé pour ces types de projet. Il te reste néanmoins une autre solution, toujours au niveau incubation : il s’agit de celui de Belle de Mai sur Marseille (nous y somme également) spécialisé dans le multimédia.

    Si jamais tu assistes à une autre minikonf, mais sur Toulon cette fois, n’hésite pas à venir nous voir, elles sont parfois organisées dans notre pépinière d’entreprises…ça sera avec plaisir!

  10. Je confirme, j’ai trouvé les intervenants vraiment compétents. Je ne suis en aucun cas redevable à Ernst & Young, mais je dois bien reconnaître que j’ai été étonné de voir la facilité avec laquelle ils passaient d’un aspect technologique à un aspect commercial. Ils avaient clairement une très bonne vue d’ensemble et ont été également capable d’aborder des points beaucoup plus précis.

    L’objectif de cette mini conférence était vraiment de conseiller les participants dans le montage du dossier pour ce concours. A mon sens, c’est une très bonne initiative d’avoir invité le cabinet qui va expertiser les dossiers. Il n’y a pas meilleure manière d’obtenir un retour d’expérience pertinent (en clair, on a eu l’information à sa source).

    Maintenant, je n’ai pas l’impression qu’il faille obligatoirement passer par un cabinet de conseil pour un projet web. Je ne dis pas que cela ne serait pas bénéfique, juste que cela a bien évidemment un coût en temps et en argent et qu’il vaudrait peut-être mieux se concentrer sur la conception d’un produit qui répondre vraiment à un besoin client. Ou pour être plus précis (c’est ce que je voulais dire à la fin de l’article) : il me semble peu probable que des sociétés comme YouTube aient consulté un cabinet spécialisé au tout début de leur existence afin de mettre au point un véritable plan de développement. Dans le cas de YouTube, je pense que ces experts se seraient vite rendus compte du manque de viabilité de ce projet. Je me trompe peut-être, d’autant plus que je débute à peine dans ce domaine, mais c’est ma perception actuelle des choses.

    Nicolas (un autre) : je ne connaissais pas Belle de Mai, merci pour l’info. Et je passerai volontiers voir Emob si je passe à Toulon.

    Merci Martinez pour tes explications détaillées. Est-ce que tu pourrais par contre republier tes liens concernant YouTube ? (mise à jour : problème de trackback résolu, mon commentaire n’est plus pertinent car celui de Martinez se trouve maintenant juste après celui-ci sous la forme d’un lien vers son site).

Ajouter un commentaire

Les informations obligatoires sont indiquées par une étoile rouge *.


Un rétrolien à propos de “MiniKonf de l’incubateur Paca-Est” :

  1. Capital Social
    Le 18 janvier 2007 à 23:01

Par contre, il y a encore des trucs qui ne marchent pas. Par exemple il a compris 'DesignS' au lieu de 'Design'.

Articles Récents

Les derniers articles publiés

A Propos

Je m’appelle Stéphane Thomas et je suis Ingénieur Senior expert dans le développement d'applications web complexes. Etant également un peu Entrepreneur, j'ai tenté l'aventure de la création d'un nouveau service Internet appelé Loomiz. Je suis maintenant le cofondateur d'Hitomi Studio, un studio de développement spécialisé dans la réalisation de sites ecommerce haut de gamme pour de jolies marques.

Lire la suite…