Seedcamp : la startup academy

Publié le 25 juil 07 à 07:19 | Catégorie : Création D’Entreprise | 19 commentaires

Logo de Seedcamp Si vous êtes porteur de projet et que vous souhaitez monter votre propre startup, vous avez alors deux solutions : émigrer aux Etats-Unis et vous installer dans la Silicon Valey, un environnement propice à ce genre d’aventure. Ou alors participer à Seedcamp, un concours dont l’objectif final est de lever des fonds auprès de capitaux risqueurs et d’être accompagné lors de la phase de démarrage de votre nouvelle société. Et comme ça se passe à Londres, vous n’aurez pas besoin de voyager jusqu’au nouveau monde…

Le concept de Seedcamp n’est pas nouveau, puisqu’il s’inspire ouvertement de YCombinator, une société d’investissement intervenant très tôt dans la création d’une startup. Généralement, les entrepreneurs financent le montage de leur projet grâce à leurs fonds propres. Ensuite, il est possible de lever des fonds auprès de Business Angels et enfin d’une ou plusieurs sociétés de Capital Risque. Il est également envisageable d’intégrer en cours de route un incubateur ou une pépinière.

Mais peut-être manque-t-il dans cette chaîne de financement et d’accompagnement un autre acteur dont pourrait bénéficier les entrepreneurs ? YCombinator et Seedcamp en sont persuadés et interviennent du coup dans cette phase très critique qui consiste à passer d’une idée au montage d’une équipe et d’une société. Ce positionnement early stage a également intéressé à ma connaissance deux autres compagnies : TechStars et YEurope (un clone de YCombinator).

Le mode de sélection de Seedcamp est original - pour ne pas dire pragmatique - puisqu’il suffit de remplir au moins 6 des 8 conditions suivantes :

  1. Créateur seulement : vous ou votre associé devez être un développeur. Si ce n’est pas le cas, vous devez avoir identifié et pris contact avec un développeur à même de réaliser un prototype de votre produit ou service.
  2. Améliorer Internet : votre produit ou service doit utiliser Internet, de préférence d’une manière totalement novatrice et excitante.
  3. Premier investissement sérieux : votre projet ne doit pas avoir levé d’argent auprès d’investisseurs institutionnels (des apports de la part d’amis ou de mentors sont autorisés, mais doivent rester marginaux).
  4. Equipe solide : votre équipe doit compter au minimum deux personnes, et pas plus de cinq.
  5. Prototype : vous devez avoir un prototype à nous montrer avant de vous inscrire.
  6. En phase d’amorçage : votre produit ou service ne doit pas encore avoir été lancé. Malgré tout, si ce n’était pas le cas, il pourra être considéré si les médias n’ont pas encore beaucoup parlé de lui.
  7. Entièrement dévoué : vous devez être dégagé de toute obligation quel qu’elles soient, ce qui par ailleurs montrera votre implication et votre détermination à mener à bien ce projet.
  8. Relocalisation : sont acceptées des équipes en provenance de n’importe quel pays, à partir du moment où vous pouvez vous débrouiller en anglais. Malgré tout, l’idée première est de vous voir créer ensuite votre société en Europe.

Ensuite, il suffit de remplir en ligne un dossier d’inscription avant le 12 août 2007. Ce dernier comporte un certain nombre de questions qui rappellent fortement la trame que l’on retrouve dans tout business plan.

Et si vous êtes sélectionné, les choses sérieuses commencent ! Vous vous retrouverez alors avec 19 autres jeunes pousses à Londres début septembre pour une semaine de travail intensive. Ce sera alors l’occasion de rencontrer et discuter avec des mentors, c’est-à-dire des personnes de différents horizons et avec différentes compétences : serial entrepreneurs, investisseurs, spécialistes en recrutement, expert en marketing, avocats, comptables, … L’idée étant de mettre au point les fondements d’une société avec un business model viable.

A la fin de la semaine, 5 startups seront sélectionnées pour continuer cette aventure et chacune d’entre elles recevra 50 000 euros en contrepartie de 10% de son capital. Si elles acceptent ce financement, elles auront alors les ressources nécessaires pour s’installer à Londres pendant au moins 3 mois.

Cette période sera mise à profit pour amener le projet à maturité, toujours aidé en cela par des experts. Au bout de deux mois d’incubation, une journée sera organisée afin d’effectuer une démonstration du produit ou service aux autres participants. A la fin des trois mois, il s’agira pour chaque startup de convaincre cette fois-ci un panel d’investisseurs.

Le concours de Seedcamp est intéressant à plus d’un titre. Le point le plus problématique concerne à mon avis l’installation à Londres pendant 3 mois. Il faudra en effet prendre en charge la location des bureaux et le logement; et ce n’est pas comme si Londres était une des villes les plus chères au monde (sic). Donc une partie de la somme allouée initialement risque bien de partir en fumée très rapidement.

Prenons pas exemple le cas de Loomiz. Comme je suis seul à travailler sur ce projet, on peut très bien imaginer qu’un hôtel à 100€ la nuit pendant 3 mois suffirait. On peut envisager le même prix pour les bureaux - même si je pense que c’est utopique - ce qui aboutirait déjà à des dépenses d’un montant s’élevant à 18000 euros. Il faut ensuite prévoir les à côté (nourriture, déplacement, matériel, …). Même s’il ne semble pas obligatoire de venir s’installer à Londres (mais c’est fortement recommandé), cela signifierait dans ce cas que l’on ne pourrait pas bénéficier de tous ces aspects de mentoring et de networking :

Seedcamp is completely focussed on supporting the entrepreneur. In fact, one of the things which has excited me the most is that people are recognizing that although capital is key, Seedcamp is more about the contacts, coverage and connections successful applicants will receive.

Quel dommage donc que ce concours n’ait pas lieu dans un endroit plus approprié ! Je reconnais en revanche bien volontiers que le caractère événementiel de cette compétition induise des problèmes de logistique et d’organisation. En fait, il faudrait décliner ce concours par pays pour vraiment exploiter cette formule au maximum de son potentiel.

Seedcamp constitue néanmoins un tremplin idéal pour obtenir les fonds nécessaires au démarrage de sa société, se créer un réseau de connaissances et être accompagné par des personnes d’expérience. L’ambition de Seedcamp est grande. Ses organisateurs (eux-mêmes entrepreneurs et investisseurs) sont persuadés que l’Europe a tous les ingrédients nécessaires (environnent, talent, financement, …) pour développer des projets web ambitieux. Même si elle a ses contraintes, c’est une initiative intéressante qui a le mérite de faire avancer les choses et qu’il faut saluer.

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17 commentaires à propos de “Seedcamp : la startup academy” :

  1. Stephane tu as raison sur le côté logistique. J’ai parlé longuement de SeedCamp sur TechCrunch qui d’ailleurs est partenaire de l’évènement. J’en ai parlé a Saul Klein l’organisateur qui envisage peut être à l’avenir de créer d’autres centres européens

    Je serai à Londres pour SeedCamp et ai été choisi pour faire partie de l’équipe de coacher qui accompagneront les startups

  2. Bonjour Stéphane,

    nous prévoyons de participer à cette édition de SeedCamp (de toute façon l’année prochaine nous ne ne serons plus de “jeunes créateurs” alors c’est maintenant ou jamais !) et c’est vrai que la logistique est un point assez délicat.
    Mais ça me semble un investissement réellement utile (et puis de notre coté Londres est une ville que nous adorons et nous voulons depuis pas mal de temps passer du temps là bas… ça aide).

    Nous avons également envoyé notre dossier pour le TechCrunch20 (encore une fois, qui ne tente rien n’a rien !) étant donné que comme tout bon entrepreneur nous pensons clairement changer le monde avec UpShot.

    Bref on verra bien comment tout cela va se passer, mais Ouriel ça serait un plaisir de prendre des “cours” avec toi !

    A bientôt,
    Jean-Baptiste

  3. Je trouve cette idée très prometteuse mais tout comme Stéphane, Je pense que plusieurs initiatives nationales permettraient de maximiser l’interêt et de realiser des synergies très positives entre les coachers, les investisseurs et même les entrepreneurs.
    Sinon pourquoi pas un Seedcamp Africa?? moi je vote pour! ;-)

  4. Ce qui manque à Seedcamp, c’est en effet toute la partie infrastructure. Il faudrait que les lauréats soient accueillis au sein d’une espèce de pépinière (ou d’un business center) et pas disséminé un peu partout dans la nature. Il me semble que YCombinator procède ainsi. Cela permettrait de créer une émulsion et une dynamique entre les startups incubées.

    J’espère que cette première édition sera couronnée de succès, ce qui donnera sûrement envie (et probablement les moyens) aux organisateurs d’étendre ce concept. Au passage, il y a beaucoup de locaux de bureaux vides ici à Sophia Antipolis, et ce serait un cadre idéal pour ce genre d’initiative…

  5. Il faut avoir un projet sacrément solide pour se lancer à mon avis!!!

    Sinon, les incubateurs d’entreprises en partenaria avec les Universités peuvent etre de bonnes solutions.

    6mois en cours à apprendre les démarches pour monter et créer sa boite puis un financement et un hébergement dans des locaux pour commencer :)

  6. Si je suis d’accord que 3 mois à Londres n’est pas forcement évident ni bon marché, il me semble que tu exagères quand même la difficulté.

    Même si Londres est (horriblement) cher, il doit être possible de trouver moins cher que 100€ la nuit. Ne fut-ce qu’en prenant un appart ou une chambre un peu miteuse (histoire d’avoir un toit et un lit quand après une journée au boulot).

    Dans la même lignée, j’imagine qu’un paquet d’entrepreneurs souhaitant developper leur projets sur Londres et se retoruvant à la recherche d’un logement pour une même periode pourrait trouver quelques bons deals en cohabitations. Ce n’est pas forcément facile mais si c’est pour 3 mois, on peut faire l’effort de (sur)vivre colocation comme au bon vieux temps des etudes (qui ne sont pas forcement si lointaines)

    Et puis, Londres-Paris, c’est quand même vite fait avec le tunnel. Ce n’est pas comme si il fallait voler plusieurs heures pour s’y rendre. Il existe donc une alternative consitant à navetter entre les deux… quitte à squatter les bureaux des autres candidats avec qui on s’etends quand on est sur Londres si on a pas envie de devenir un web-worker nomade dont les bureaux portent des enseignes starbuck et offre le wifi facile ;-D

    Assez cyniquement, je dirai aussi que ca renforce le besoin de serieux et de “commitment” des candidats. Même si ca avantages les Londoniens qui auront la candidatures plus facile…

  7. Tout à fait d’accord avec toi sur cette idée de commitment.

    Mais je reste persuadé qu’être amputé d’un tiers du capital qui vient d’être investi dans ta société n’est pas une bonne chose. Même si tu peux trouver une chambre moins chère, il faudrait encore qu’elle ne soit pas trop éloignée des locaux de Seedcamp. Si tu ne peux pas rencontrer facilement les différents mentors et entrepreneurs, cette relocalisation perd vite de son intérêt. Et les bureaux ne vont pas être faciles à trouver non plus. Alors oui, le mieux est probablement de prendre contact avec les autres lauréats afin de se regrouper à plusieurs. Mais du coup, on en revient à cette idée de départ qui est de centraliser tous les participants en un même lieu. Et Seedcamp pourrait (devrait) tout à fait prendre en charge ce genre de choses…

    Par ailleurs, tout le monde n’habite pas Paris et ne peut donc pas prendre l’Eurostar… Et si c’est pour perdre tout son temps en voyage et en transport…C’est ce que je disais un peu plus haut : autant tirer le meilleur profit de cet investissement, quitte peut-être à utiliser abondamment Skype pour discuter avec ses mentors…

  8. Ben non, tout le monde n’habite pas Paris… Mais de Bruxelles, je suis pas trop mal lotis non plus :-D

    Effectivement, un logement et des infrasctructures proposé / geré par Seedcamp serait un fameux plus. On prend les paris pour la prochaine édition ?

    Sinnon, effectivement, un abonnement Skype et quelques courts séjours correctement préparés pourraient avantageusement et efficacement remplacer un séjour prolongé à Londres.

  9. Tout ça est bien entendu vrai…

    Et c’est sur, Stéphane, que les participants vont dépenser une bonne partie des 50 000€ investis. Mais le but de SeedCamp n’est pas d’investir dans une start up (j’ai l’impression que tout le monde a laissé ce point de côté !) puisque 50 000€ ce n’est “rien” (attention je ne les ai pas mais c’est un investissement assez basique même pour un petit groupe de petits business angels).

    Ce que SeedCamp apporte c’est principalement une très bonne visibilité (donc l’opportunité de rencontrer naturellement dès la première semaine des gros investisseurs) mais surtout une formation sur la gestion (à court et long terme) de ce type de business.

    Et à mon sens, ne serait-ce que pour ces 2 points l’argent n’a “aucune” importance puisque bien géré ces connaissances et la visibilité amèneront les candidats à trouver des fonds et si ça ne marche pas pour cette fois ils auront une bonne idée de la méthode pour y arriver.

    Et sans aller trop loin dans le commitment je pense que sans les 50 000€ SeedCamp vaut toujours le coup !

  10. Je n’espère qu’une seule chose LapinLove404, c’est que cette première édition de Seedcamp va cartonner ! Ca donnera aux organisateurs les moyens et l’ambition de développer le concept dans d’autres pays comme l’a laissé entendre Ouriel.

    Et j’espère que Jib fera partie des lauréats pour représenter la France et pour nous faire vivre cette expérience de l’intérieur. D’ailleurs, je suis d’accord avec toi : 50 000 euros, ce n’est même pas suffisant pour rémunérer un ingénieur développeur pendant un an ! C’est clair, le gros atout de Seedcamp, c’est la partie mentoring. Voilà pourquoi ces aspects logistiques sont à mon sens si problématiques…

    Mais j’aime bien ce que tu as dit :

    Si ça ne marche pas pour cette fois ils auront une bonne idée de la méthode pour y arriver.

    Seedcamp, c’est très clairement une opportunité d’apprendre tout ce qu’il faut savoir pour monter un projet web (et la boîte qui va autour).

  11. Je sais que je débarque un peu en retard mais je voulais dire que je partage assez bien le point de vue de Jibé.
    Les 50K€ permettront de rester à Londres pendant 3 mois et de continuer à bosser, avec quelques extras (professionnels bien sûr). Mais le plus important est d’être au coeur du processus d’investissement, qui d’ailleurs est l’objectif final de Seedcamp: lever des fonds et faire décoller son projet.
    Ce genre d’initiative, qui plus est orientée purement web n’est pas commune en Europe, c’est pourquoi, je tiens à l’applaudir…et bien sûr nous tentons notre chance avec le projet http://www.easycity.com!
    Peut-être que nous nous croiserons avec certains d’entre vous la-bas, qui sait? ;)

  12. Bonne chance à toi aussi Bast !

    Aujourd’hui, c’est l’avant-dernier jour pour déposer sa candidature. Est-ce que vous savez si d’autres startups françaises vont participer à Seedcamp ?

  13. Merci :)
    Je n’en ai pas connaissance mais sur le forum de Seedcamp, Studio melipone et easyCity sont les seuls à s’y être manifesté.
    Mais au vu de la taille du groupe Facebook, je m’attends à ce qu’il y ait un bon nombre de candidatures, et surement quelques français dans le lot!

  14. Effectivement initiative trés intéressante à valoriser. Je reste toutefois septique sur l’utilisation du mot Coaching. Encore un effet mode?? Y a t-il réellement des coachs derrière ce projet : à savoir des personnnes formées au coaching, répondant à un code de déontologie ayant fait un travail sur eux et étant superviseées régulièrement??? J’en doute. De nombreuses start up en ce moment avancent faire du coaching sans coachs; cad des personnes qui conseillent et qui jouent les mentors et donc des consultants et non des coachs.

  15. Bonjour !

    J’voudrais savoir si quelqu’un en sait plus sur une réédition de l’évènement ? De mon côté, je cherche des renseignements sur SeedCamp ou des évènements semblables.

    Merci par avance.

  16. Et bien il y a le FundCamp France 2008 qui arrive bientôt Lio.

  17. Bonjour.

    Je te remercie [b]Stéphane[/b]. Je vais voir ça de suite. J’ai peu d’espoir mais ça ne coûte rien de voir :)

    L.

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2 rétroliens à propos de “Seedcamp : la startup academy” :

  1. § Cyrille Grobost Blog
    Le 31 août 2007 à 02:40
  2. Blog de KubX » Archive du blog » Retour de vacance et tout ce que j'ai raté ou presque
    Le 3 septembre 2007 à 21:43

Par contre, il y a encore des trucs qui ne marchent pas. Par exemple il a compris 'DesignS' au lieu de 'Design'.

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A Propos

Je m’appelle Stéphane Thomas et je suis Ingénieur Senior expert dans le développement d'applications web complexes. Etant également un peu Entrepreneur, j'ai tenté l'aventure de la création d'un nouveau service Internet appelé Loomiz. Je suis maintenant le cofondateur d'Hitomi Studio, un studio de développement spécialisé dans la réalisation de sites ecommerce haut de gamme pour de jolies marques.

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