Premier entretien avec l’incubateur Télécom Paris Entrepreneurs
Publié le 25 sept 07 à 18:28 | Catégorie : Création D’Entreprise | 7 commentaires
Télécom Paris Entrepreneurs est l’incubateur de l’école Télécom Paris. Il s’agit d’une structure d’accompagnement de projets innovants qui peut aider les porteurs de projet à le formaliser et le valider, ainsi qu’à les aider au montage d’une entreprise. De cette manière, il est possible de bénéficier d’outils d’analyse, de conseils d’experts et d’un appui technique et logistique jusqu’au démarrage effectif de son activité.
J’avais donc rendez-vous cet après-midi avec la personne chargée du développement et de l’animation de cet incubateur. L’objectif pour moi avec cet entretien était d’évaluer précisément ce que pouvait m’apporter concrètement Télécom Paris Entrepreneurs et d’en apprendre un peu plus sur les possibilités d’admission.
Il existe d’ailleurs plusieurs types d’incubateurs. Certains sont privés et sont très souvent animés avec une volonté de rentabilité (c’est-à-dire qu’ils vont prendre en général un pourcentage du capital de la société accompagnée). D’autres sont liés à la recherche publique. Ils ont dans ce cas pour mission de favoriser l’émergence et la concrétisation de projets innovants issus des laboratoires des établissements de recherche.
Enfin, on retrouve également des incubateurs qui sont adossés à une école - comme c’est le cas ici - avec pour objectif d’aider les anciens élèves à créer leur entreprise et de stimuler l’entreprenariat de manière générale.
Chaque incubateur a ses spécificités, son domaine d’expertise et sa politique d’admission. Télécom Paris Entrepreneurs s’intéresse exclusivement aux projets dont l’activité est liée de façon directe ou indirecte aux Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC). Les critères d’admission ont été élargis, puisqu’il n’est pas forcément nécessaire d’être un ancien élève de Télécom Paris pour intégrer cet incubateur.
Au niveau des services proposés, on retrouve tout ce qui touche à la logistique : principalement des bureaux (un hébergement à partir de 100€ par mois) et des moyens techniques qui restent malgré tout similaires à ceux fournit pas un business center (Télécom Paris Entrepreneurs ne fournit pas par exemple de serveurs ou de machines de développement).
Ces aspects ne me concernent pas directement, puisque je travaille seul sur mon projet et qu’il est financé grâce à mes fonds propres. Chaque dépense étant étudiée avec soin, il ne serait pas pertinent de louer un bureau lorsque je peux travailler depuis chez moi. Bien évidemment, si l’équipe venait à grandir, les données seraient probablement différentes (même si il est aujourd’hui possible de travailler à distance grâce aux outils Internet de gestion de projet et de collaboration en ligne).
En revanche, la partie accompagnement constitue pour moi la véritable valeur ajoutée. Les projets incubés ont ainsi accès à un réseau d’experts (juridique, marketing, finance…). Télécom Paris Entrepreneurs peut également prendre en charge certaines prestations (comme une recherche en propriété intellectuelle), mais cela est décidé au cas par cas.
Nous avons donc discuté de l’équipe (moi), du produit (loomiz), du marché, de la création de valeur et de l’expertise apportée. Il est toujours intéressant d’avoir des conseils d’une personne vraiment axée sur les fondamentaux de la création d’entreprise (création de valeur, chiffre d’affaires, …).
A priori, il faudrait donc que je me focalise tout de suite après la mise en ligne de la première version sur la recherche de partenaires et la mise en avant d’une offre entreprise (le business model le moins risqué à court terme). Cette approche diffère de ma vision, puisque j’ai toujours orienté mon discours dans le but de cibler le grand public.
Cela signifie donc qu’il faudrait que j’identifie dès maintenant les sociétés (les acteurs) susceptibles d’être intéressés par cette brique logicielle et d’évaluer combien ils sont prêts à la payer.
Mais je dois par ailleurs réfléchir à ma situation personnelle qui constitue évidemment un obstacle possible à la création d’une entreprise. En d’autres termes, mes ressources personnelles n’étant pas illimitées, comment envisager la poursuite de ce projet (et sous quelle forme) ?
Cet entretien confirme également que j’aurais bien besoin d’un associé avec un profil plus axé sur le marketing. Même si j’adore parler et rencontrer des personnes, je n’ai pas forcément un discours très vendeur. Très clairement, je n’ai pas cette force de persuasion qui fait l’apanage des meilleurs commerciaux.
J’ai donc rendez-vous à nouveau avec Télécom Paris Entrepreneurs dans un mois. Pendant ce temps, je vais essayer de réfléchir à l’approche proposée et de lever les incertitudes dont nous avons discuté.
Pour terminer, il faut noter que ces incubateurs sont eux-mêmes gérés par des cabinets de conseil privé. Les services proposés, la qualité de l’accompagnement et la pertinence du réseau mis à disposition peuvent donc varier considérablement d’un incubateur à un autre.
A lire également
Vous pouvez continuer votre lecture sur des sujets similaires en consultant les articles suivants :
- Loomiz : l'étape d'après
- Le financement de la création d'entreprises
- Bouclier social, RSI, ACCRE, ...
- Les meilleures écoles pour devenir entrepreneur
Les visiteurs qui ont vu cette page ont consulté ensuite :
- A Propos de Loomiz (63 lectures)
- Les business models des gestionnaires de signets sociaux (38 lectures)
- Mon banquier est une femme (24 lectures)
A savoir
La rédaction de cet article a nécessité 1 heure et 50 minutes. Si vous le souhaitez, vous pouvez être prévenu de la parution de nouveaux articles en vous abonnant par RSS ou par email.




7 commentaires à propos de “Premier entretien avec l’incubateur Télécom Paris Entrepreneurs” :
Bonjour Stéphane,
tu mets le doigt sur plusieurs points clés:
- l’accompagnement, c’est définitivement le point le plus important. On peut toujours résoudre les problèmes “techniques”
- t’associer, c’est malheureux à dire mais de très bons projets, bien construits et utiles il en existe des milliers, mais ceux qui marchent (j’entends par là auprès du public, des professionnels, de leur market share et, éventuellement, de TechCrunch) sont beaucoup moins nombreux.
- la remise en question, toujours rester persuadé que l’on va changer le monde mais garder les pieds sur terre…
Bon courage, j’espère qu’on se verra bientôt (au Web3 au pire !).
Jib le 26 septembre 2007 à 10:49 (#1)
Etant dans une situation similaire, je ciblais un marché plus orienté B2C, et on m’a dit (des B.A. rencontrés, et la structure d’accompagnement de création d’entreprise ANPE) de m’orienter plus vers du B2B. Aux yeux des spécialistes, ça parait toujours moins risqué que de viser le grand public. Est-ce que ça ne serait pas le défaut principal des créateurs de projet que de vouloir se focaliser sur du grand public ? A voir…
En tout cas, ton projet bouge Stéphane, et c’est bien… même si je pense que tu aurais dû contacter Telecom Paris il y a déjà quelques mois.
Philippe le 26 septembre 2007 à 10:50 (#2)
L’idée de cibler le marché professionnel même si elle est moins excitante à priori que de cibler le grand public (moins de visibilité) ne me paraît pas forcément mauvaise. Le marché du social bookmarking pour le grand public est déjà bien occupé par Delicious, Mister Wong et consorts. Même avec un super produit, ça ne va pas être évident de se faire une place et encore moins d’imposer un business modèle. Par contre le marché des entreprises est relativement libre de concurrence et est appelé à se développer dans les années à venir. Fred Cavazza a publié récemment un billet sur l’Entreprise 2.0 dans lequel il explique comment tous les services web 2.0 pourraient faire leur apparition dans l’entreprise: forums, blogs, wikis et outils de social bookmarking. Je crois beaucoup à son analyse et j’estime que dans mon entreprise un outil de social bookmarking pourrait apporter énormément en permettant de partager et de classer l’information propre à notre secteur de façon extrêmement efficace. Il n’en reste pas moins que le marché des entreprises pose certains problèmes:
- d’abord il faut démarcher et convaincre les entreprises pour leur présenter ton produit et ça c’est un gros boulot.
- ensuite, il faut voir si tu leur proposes une solution hébergée qui satisfaira sans doute les PME ou un solution installée à demeure qui conviendra mieux aux grosses entreprises soucieuses de confidentialité (et là tu es plus ou moins obligé de “donner” ton code).
Une idée comme ça, peut-être que tu pourrais te rapprocher de personnes comme Bluewiki qui ont déjà un pied dans le marché de l’entreprise et qui pourraient voir dans ton produit un bon complément de ce qu’ils proposent déjà.
Bon courage et bonne réflexion.
Raf
Raf le 26 septembre 2007 à 14:42 (#3)
Philippe : j’avais déjà contacté l’incubateur il y a trois mois de cela, mais je n’avais alors reçu aucune invitation à se rencontrer (pour un entretien) de leur part.
Merci pour ton commentaire Raf. Je suis d’ailleurs tout à fait d’accord avec toi, les services office 2.0 vont probablement bien se développer dans les mois et années à venir. D’ailleurs - pour la petite histoire - c’est dans ce domaine-là que je voulais me lancer il y a un an !
Stéphane le 1 octobre 2007 à 00:06 (#4)
Bonjour,
je viens de découvrir votre blog vraiment très intéressant.
Nous nous sommes lancé avec mon amie dans la création d’une boite, pas du tout en rapport avec l’informatique, mais les problématiques sont exactement les mêmes !
Toujours le modèle économique, le capital de départ, comment l’utiliser au mieux, comment se faire connaitre, son positionnement… c’est toujours les mêmes questions et il est clair qu’il est bien de se faire aider car l’expérience est primordiale.
Et il vaut toujours mieux avoir le plus possible d avis !
bonne chance en tous cas. Mon frere essaye comme toi de développer et de vendre des produits informatiques et il cherche constamment son business model ! pas facile à trouver…
bonne continuation
Bastien
bastien le 3 mars 2008 à 18:37 (#5)
Il faut que ton frère garde confiance Bastien, il réussiera bien à trouver son business model. Moi, il m’a fallu plus d’un an ! En tout cas, bon courage à tous les deux pour la suite.
Stéphane le 4 mars 2008 à 07:53 (#6)
Je ne vois pas la valeur ajoutée par rapport a delicious et consors.
S’il s’agit de populariser l’approche delicious, le pb est que votre cible n’a precisement pas besoin de delicious. sinon elle l’utiliserait….
nicolas2 le 8 juin 2008 à 11:37 (#7)
Ajouter un commentaire