Cet article a été écrit par Jean-Philippe Martinez auteur du blog Capital Social dans lequel il aborde la problématique de la création et du financement de sociétés innovantes. Jean-Philippe est également Consultant Senior en charge du Département Entreprises au sein du cabinet Interfaces, Directeur de la Pépinière d'Entreprises EOLE de Narbonne.

Vous êtes probablement quelques milliers futurs entrepreneurs du web ou de l’économie traditionnelle à vous interroger sur les modalités de financement de votre projet. Pour les projets qui nécessitent l’appui de prestataires externes, que ce soit pour la phase de conception du produit/service, pour vous aider dans la phase de commercialisation ou de production… Il arrive un moment où face à ces dépenses votre argent personnel n’y suffit plus.

Ce faisant vous commencez à regarder autour de vous et rapidement vous prenez conscience que le financement de la création d’entreprises en France constitue un maillon faible avec beaucoup de demande et très peu d’offre.

Les financements publics émanant d’organismes d’Etat (comme OSEO) ou de collectivités territoriales (région, département…), bien que très précieux, ne sont pas suffisants où en tant qu’entrepreneur vous êtes soit en phase :

  1. d’amorçage, c’est-à-dire à la recherche de fonds pour valider et concevoir l’innovation via :
    • la conception du premier prototype ou de la version beta
    • le dépôt du brevet
  2. de capital risque, c’est-à-dire à la recherche de fonds pour lancer commercialement et industriellement l’innovation via :
    • des actions commerciales (recrutement d’une force de vente, présence à des salons professionnels, …)
    • une politique de communication (publicité dans des magazines, achats de mots clés, …)
    • l’acquisition de matériel de production
    • l’achat de matière première pour fabriquer les préséries

Si vous vous reconnaissez dans ces deux catégories, alors forcément vous avez songé à aller voir du côté des sociétés de capital investissement. Ces sociétés ont pour vocation de financer selon les cas la création, le développement ou la reprise d’entreprises.

Sauf qu’aujourd’hui le marché du capital investissement ne répond pas à la totalité de la demande. Les sociétés de capital investissement se battent sur :

  • la captation de projets émanant de PME/PMI bénéficiaires (phase de capital développement)
  • l’accompagnement de personnes qui rachètent des sociétés (phase de capital transmission-LBO)

Et délaissent le capital amorçage et capital risque. Pourquoi cette préférence pour le capital développement/transmission ?

Le financement de la création d’entreprises est risqué

Intervenant pour aider au développement technologique ou commercial d’un nouveau produit, les financiers prennent le risque de constater : que la demande n’existe pas, que les challenges techniques ne sont pas franchissables dans des délais supportables, que l’équipe n’est pas compétente, …

La rémunération de ce type d’investissement n’est pas incitative

Contrairement à ce que l’on pourrait croire les sociétés de capital investissement ne sont pas contre la prise de risque, mais encore faut-il que la rémunération attendue soit au niveau du risque pris.

A titre personnel, vous simple épargnant qui lisez ce blog : si demain je vous propose de prendre des actions chez TOTAL avec 3% comme rémunération… vous accepteriez ?

Bien sûr que non. Si c’est pour avoir 3% de rémunération, autant déposer son argent directement sur un Livret de Développement Durable (nouvelle appellation du CODEVI) avec l’avantage de ne prendre aucun risque. Il en va de même pour les sociétés de capital investissement, si elles prennent un risque important elles espèrent une rentabilité importante.

Or qu’est ce que l’on remarque?

L’activité capital risque est peu rémunératrice voire constitue une source de perte

Si l’on se réfère à la dernière étude de l’Association Française des Investisseurs en Capital (AFIC) et Ernst & Young, on note plusieurs points :

  1. En tant que financier ces dernières années il valait mieux investir dans le LBO (financer une société qui va racheter une autre), le capital développement (financer la croissance d’une PME-PMI) que dans le capital-risque (prise de participation dans des jeunes sociétés innovantes).
  2. Le taux de rentabilité (TRI) affiché par les sociétés de capital investissement pour l’activité amorçage (financement pour aider à la conception de nouveaux produits, financement des premières actions commerciales, …) et capital risque (lancement industriel et commercial de l’innovation) sur les 10 dernières années a été de -0,8%.
  3. Dans le même temps la rentabilité sur les opérations de rachat de société (LBO) affiche 20,08% et les opérations de capital développement 18,5%.

Conclusion : si on considère que les personnes qui sont à la tête des sociétés de capital risque sont saines d’esprit, je n’imagine pas un jour un conseil d’administration décider de financer en priorité des projets qui présentent beaucoup de risques et peu de rentabilité plutôt que des projets qui présentent peu de risque et une rentabilité confortable.

Alors que faisons nous ?

Face à ce déséquilibre entre la demande de financement des jeunes entrepreneurs et l’offre de financement, 3 attitudes sont possibles :

La première consiste à ne rien faire d’efficace

Sur les 10 dernières années, malgré les multiples annonces quasiment rien d’efficace n’a été proposé par les gouvernements successifs pour aider au financement en fonds propres des entreprises en création.

Tout d’abord parce que nos gouvernements ont une culture de l’entreprise proche de mon pagerank il y a 8 mois (soit zéro) et en plus ils ne connaissent pas la filière du financement de l’entreprise.

Combien de fois n’a-t-on entendu les différents ministres de l’économie nous annoncer grâce aux FCPI, puis les FIP et maintenant avec France Investissement une réponse à la problématique du financement de la création d’entreprises. Pour quel résultat ? Je lance un concours : trouvez-moi (or filière biotechnologie) 20 projets sur 2006 qui en l’absence de chiffre d’affaires (en phase d’amorçage) ont pu lever des fonds auprès d’un FCPI, FIP, etc.

Notons que 20 ce n’est pas beaucoup dans la mesure où chaque année ce sont probablement plus de 1500 entrepreneurs qui sont dans cette démarche de levée de fonds.

Quant à France Investissement, n’essayez pas de contacter un des membres de sa direction, car cet organisme ne financera pas directement vos projets. Elle a pour vocation d’apporter des fonds supplémentaires à des structures (sociétés de capital investissement, FCPI…) qui elles-mêmes seront chargées de les ‘placer’ en finançant des entreprises.

Or visiblement encore une fois ces fonds vont être fléchés en direction des entreprises en développement et non pas pour aider directement à la création d’entreprises.

La seconde consiste à motiver les sociétés de capital investissement

La motivation ne veut pas dire la culpabilisation, car de leur point de vue leur comportement est tout à fait rationnel et intelligible.

Une des possibilités serait peut-être de les motiver avec des incitations fiscales ou sociales. Je ne sais pas si cela est possible car déjà les sociétés de capital investissement bénéficient de mesures comme la non-taxation des plus values réalisées lors des cessions d’actions.

J’ai une idée : et si on leur appliquait le statut J.E.I (Jeune Entreprise Innovante) que l’on appellerait ici le statut S.C.R.A.R (Société de Capital Risque Aimant le Risque) ? Cela pourrait prendre la forme d’une exonération des charges sociales assises normalement sur les salaires versés à l’équipe…

Cette suggestion - plutôt décalée je l’admets - ne doit pas masquer peut-être l’existence de motivations fiscales ou sociales à mettre en place pour faire en sorte que l’allocation des fonds soit plus profitable aux jeunes entrepreneurs.

La troisième consiste à dédier des fonds à cette activité

On met à disposition des sociétés de capital investissement privées des fonds publics dont elles ont la gestion et l’obligation d’utiliser dans le cadre de la création d’entreprises.

Qu’est ce que j’entends par société de capital investissement privé ? Ce sont des structures qui appartiennent majoritairement à des entreprises privées (banques, assurances, …) avec une démarche de rentabilité avérée.

Ces sociétés de capital risque privées se différencient donc des sociétés de capital risque à dominantes publiques financées majoritairement par des fonds de collectivités territoriales (Conseil Régional, Conseil Général, Communauté d’Agglomération, …).

Pourquoi dans un premier temps privilégier les sociétés de capital risque privées plutôt que celles à dominante fonds publics ? Pour s’assurer que dans la sélection des dossiers, seule sera jugée la viabilité économique et commerciale du projet et non d’autres considérations comme la connaissance plus ou moins proche d’un élu siégeant au conseil d’administration de la société de capital risque.

Or l’histoire nous montre que lorsque pour un dossier on prend en compte d’autres critères que ceux liés à l’économie d’un projet, la société de capital risque est surtout perçue comme une ‘machine à subvention’ et tôt ou tard on assiste à sa liquidation…

Nous avons déjà connu cela il a une dizaine d’années avec différents organismes émanant de collectivités qui faisaient du crédit bail (atelier relais) ou du capital risque et qui ont connu quelques turbulences.

En mettant à disposition des sociétés de capital risque des fonds publics on devrait pouvoir :

  • mieux alimenter la création d‘entreprises, car les exigences de retour sur investissement seront forcément inférieures avec un fonds public qu’avec un fonds privé. Ce faisant les critères de sélections seront moins élitistes.
  • s’assurer de la viabilité du fonds en s’assurant de l’indépendance du comité d’engagement
  • financer des tickets d’entrée peu élevés (de 50 K€ à 400 K€)

Du point de vue de la société de capital risque le temps à consacrer à un dossier n’est pas proportionnel au montant demandé. En effet, constatant qu’un dossier à étudier prendra autant de temps à l’équipe de gestion que l’entrepreneur demande 50 K€ ou 1000 K€, naturellement on assiste depuis 5 ans à une augmentation du ticket d’entrée minimum pour intéresser certains acteurs (cela a été très net avec les FCPI notamment).

En conclusion

La problématique du financement de la création d’entreprise est reconnue par l’ensemble des acteurs qui accompagnent les créateurs d’entreprises : Pépinières d’Entreprises, Incubateurs, chambres consulaires….

Même les capitaux risqueurs partagent ce diagnostic; pour s’en convaincre je vous invite à regarder l’interview d’un des plus importants capital investisseurs en France et dans le monde : le groupe 3I.

En conséquence seule une intervention des pouvoirs publics par l’apport d’argent frais fléché exclusivement vers les entreprises en phase d’amorçage ou de lancement industriel et commercial peut résoudre ce problème.

Si d’aventure un député lisait ces quelques lignes je suis à sa disposition pour travailler sur ce sujet… mais Stéphane tu ne m’avais pas dit que Nicolas S…..Y lisait ton blog ?

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28 commentaires à propos de “Le financement de la création d’entreprises” :

  1. Il ne faut pas se décourager. La vraie pierre manquante est bien l’amorçage, mais il y a tout de même des incitations intéressantes en France, du moment qu’on ait toutefois le courage. Lis ce post assez complet sur le sujet: http://nevisto.blogspot.com/20.....se-en.html
    Ghislain

  2. Je lis ce blog depuis pas mal de temps maintenant, et je trouve que Stéphane a eu une très bonne idée d’y ajouter un nouveau rédacteur.
    Cet article est très intéressant, bien écrit, et le sujet complète bien les sujets abordés par Stéphane.

    J’espère pouvoir voir rapidement de nouveaux articles !

  3. Merci pour vos encouragements,

    C’est exact Il existe des aides comme le groupe OSEO, même si leur offre ne répond qu’à une partie de la problématique de financement des entreprises innovantes car:

    * pour les subventions, 25 000 euros maximum, celles ci par nature ne concernent que des projets à innovation moyenne. Ceci n’est point péjoratif car le degré d’innovation ne constitue pas l’alpha et l’oméga de la création d’entreprises. Mais un projet nécessitant plusieurs dizaines de milliers d’euros ne trouvera pas de solution avec une subvention.

    * pour les avances remboursables, qui peuvent être conséquentes, deux conditions:

    o Pour obtenir 300 000 euros de prêt à taux zéro l’entreprise doit avoir 300 00 euros de fonds propres. Donc soit vous disposez de quelques économies soit il vous faudra trouver des partenaires financiers

    o le délai de remboursement du prêt est en moyenne de 18 mois, ce faisant les projets ne doivent pas avoir des contraintes technologiques trop lourdes car en 18 mois l’entrepreneur va devoir concevoir le prototype, faire les pré-série, lancer la commercialisation pour enfin faire du chiffre d’affaires pour pouvoir rembourser OSEO… pour tout cela 18 mois c’est court….

    Quand au Crédit Impôt Recherche: pas toutes les entreprises sont éligibles et il ne fait que rembourser une partie de vos dépenses en R/D , 50% pour la première année.

    Ce faisant il faut d’abord être en mesure de pouvoir dépenser des fonds avant de pouvoir obtenir le Crédit Impôt Recherche ( voir le billet:
    Crédit Impôt Recherche
    )
    On revient donc à la problématique des levées de fonds.

    Quant au statut JEI il ne constitue pas un outil de financement mais un outil permettant de diminuer les dépenses (voir le billet:Jeune Entreprise Innovante)

  4. Très intéressant, j’en redemande!!

  5. Vous pouvez aussi apprendre à présenter votre projet par l’intermédiaire de www.capital-risqueur.tv ! Une initiative à suivre…

  6. je n’ai pas encore tout lu, mais les premières lignes sont alléchantes, j’ai arrêté de lire pour y revenir une fois chez moi, ici au boulot je suis interrompu toutes les 5mn (et c’est bien normal d’ailleurs).
    j’ai également un projet en tête mais je ne suis pas développeur, donc en attendant d’avoir des fonds ou un développeur bénévole ou un miracle… hé bien j’attends … je ne suis pas assez courageux pour laisser de coté mon travail et me consacrer qu’a mon projet, cet article pourra m’être bien utile et m’encouragera peut être.
    merci

  7. “seule une intervention des pouvoirs publics “…
    Attendre une aide directe ou indirecte de l’état pour monter un projet, ca fait un projet bien mal parti.

    Si le projet est bon, que vos clients ont un réel besoin et que la rentabilité est réelle,
    vous n’aurez aucun mal à vous financer :
    - Par l’épargne.
    - Un emprunt bancaire garanti sur votre maison ou par vos proches.
    - L’Emprunt familiale.
    - L’autofinancement.

    Et pour moi, faire entrer des investissements au depart, c’est une plus mauvaise option :
    - vous perdez votre flexilité : diffile de réorienter un projet avec des investisseurs à bord.
    - Les taux d’intérêt sont à 4% (pourquoi ne pas emprunter ?)

  8. Cher Moi,

    Je reprends vos propos:

    “Si le projet est bon, que vos clients ont un réel besoin et que la rentabilité est réelle vous n’aurez aucun mal à vous financer”:

    Tout à fait d’accord avec vous mais cela ne concerne pas l’objet de ce post. Une entreprise qui dispose de clients et qui est rentable, qui dispose d’autofinancement, n’est plus en phase d’amorçage mais plutôt de capital risque/développement et là comme indiqué il y a plus de chance d’avoir un financement.

    Dans la phase d’amorçage où l’on doit pendant 1 à 2 ans concevoir l’innovation l’emprunt n’est pas adéquate: à quoi cela sert il d’avoir un emprunt de 100 000 euros début janvier alors que le mois suivant il va falloir rembourser or il n’y aura aucune rentrée financière puisque le produit n’est pas encore conçue. De plus les banques ne financent pas la R/D…..

    En ce qui concerne l”intérêt de faire rentrer des capitaux investisseurs chaque cas est spécifique et en ce qui concerne l’impossibilité de réorienter le projet à cause des VCs cela me semble pas le cas général… car quelque soit le projet s’il y a au moins un point où l’ensemble de la communauté des accompagnateurs d’entrepreneurs est d’accord (pépinière, société de capital risque) c’est que le business plan n’est jamais respect….

    De toute manière dans 99% des cas l’intervention d’un capital risqueurs s’impose selon le dimensionnement de votre marché, les moyens à mobiliser pour être rentable il arrive un moment où on fait l’addition de ce que l’on a, de ce que l’on peut éventuellement emprunter et la variable d’ajustement s’impose…

  9. Exemple de réussite, avec un amorcage autofinancé ;
    - Google (1 millions d’euros d’emprunt familiale).
    - Dyson (hypotheque sur maison).
    - Seloger (Par du sevice : hebergement de site d’agence).
    - Pixmania (LBO : premier gros envissement par la dette).
    - Microsoft (Par leur client IBM).

    Ensuite, bien sur ils ont tous lever des fonds (auprès d’investisseurs ou sur les marché) mais dans de très bonne conditions et uniquement pour du développement.

    “à quoi cela sert il d’avoir un emprunt de 100 000 euros début janvier alors que le mois suivant il va falloir rembourser ”
    Avec un emprunt garanti de 100 000 euros (garanti sur une maison valant 150 000), vous pouvez très bien commencer à rembouser avec un différé de deux ou trois ans.
    “De plus les banques ne financent pas la R/D…..” : avec une garantie, une banque vous finance ce que vous voulez.

    Et sans possibilité d’emprunt vous pouvez économiser avant de vous lancer.

  10. Bonjour Moi,

    Je crois que nous n’avons pas la même définition de l’amorçage vos exemples en attestent (LBO…)

    Je suis ravi que vous connaissiez des banques qui fassent encore du prêt sur gage, je pense que de nombreux créateurs seraient contents de connaître leur identité…

    Quoique pas tout le monde n’a la chance de pouvoir disposer directement ou indirectement d’un patrimoine pouvant faire l’objet d’une hypothèque.

    En ce qui concerne l’emprunt le décalage de remboursement ( de 2 ou 3 ans, là encore des noms s’il vous plait) est réalisé sur le capital en aucun sur les intérêts donc le mois suivant vous allez devoir payer des intérêts conséquents puisque vous ne remboursez aucun capital.

    Pour ce qui concerne Google alors qu’aux USA le financement de l’amorçage par des sociétés de capital risque existe, le premier financement (celui dont je parle dans ce billet) n’a pas été réalisé par des sociétés de capital risque mais par deux business angels:

    - un de leurs professeurs d’université qui leur a apporté 200 000$

    - le Président de SUN (Andy Bechtolsheim) qui après quelques heures de présentation du projet a fait un chèque de 100 000 $.

    Pour ce qui concerne se loger.com, je vous invite à lire:
    Vidéos Exclusives: Rencontrer un des leaders du capital risque mondial: 3I

    Vous constaterez que cette société de capital investissement n’aurait jamais financé leur phase d’amorçage; une fois que le marché a validé leur business model ils sont intervenus…

    Juste pour information lors de cet interview vous constaterez que mon approche est partagée par Monsieur Jean David CHAMBOREDON (Associé chez 3I en charge du département capital risque), qui je vous rappelle est l’un des plus gros fonds d’investissement au monde……mais au fait qui êtes vous “Moi” ?

  11. OK, pour Google je me suis trompé :-)

    Personnellement, j’ai une société Internet et j’ai appliqué le plan suivant :
    - travailler et épargner quelque années.
    - Lancer la société sur la base de mon épargne.
    - Auto financement des developements grâce aux clients (a partir de la 2 eme année) : un partie des clients doivent payer en avance.
    - Pret bancaire (en cours de prépa) pour financer le developpement (Marketing, internationalisation ..).
    Et ca marche plutot bien.

    Je peux comprendre votre point de vue.
    Et votre analyse est très bien faite (amorcer un projet n’est pas facile).
    Mais Je ne suis pas d’accord avec la conclusion :
    “En conséquence seule une intervention des pouvoirs publics par l’apport d’argent frais fléché exclusivement vers les entreprises en phase d’amorçage ou de lancement industriel et commercial peut résoudre ce problème.”
    Pour moi, ce n’est pas à l’Etat de financer cela.

  12. Je ne suis pas un fan de l’intervention de l’Etat c’est pour cela que les fonds seraient gérés par des sociétés de capital risque avec toujours à l’esprit une volonté de rentabilité…ce que l’état et plus précisément nos administrations ne sont pas en mesure de nous garantir: les notions d’efficacité et d’efficience étant plutôt étrangères à nos administrations.

    La plupart des projets innovants que nous accompagnons mobilisent à temps plein les associés. Ce faisant mener en parallèle une activité de R/D et une activité plutôt alimentaire ou encore mieux permettant de développer le projet en question reste à mon sens assez marginal en ce qui concerne l’innovation… les journées sont jamais assez longues et lorsqu’un créateur vous annonce un délai de réalisation en général vous pouvez multiplier par 1.3 quant ce n’est pas 1.5…..

    En Languedoc Roussillon, on a remarqué qu’en moyenne un projet innovant mobilisait plus de 86 000 € (avec un écart type conséquent je vous l’accorde), ce faisant il faudrait épargner de très nombreuses années pour mobiliser ne serait ce qu’une quôte part… et lorsque le projet est innovant le temps reste le premier ennemi.

    Pour finir qu’elles sont les autres solutions : multiplier les business angels… je suis preneur de toutes idées… car il existe une demande la preuve avec la démarche de Pierre CHAPPAZ.

  13. Jean-Philippe, comme vous le dites très justement dans votre post on ne peut pas demander à des investisseurs, qui sont tout ce qu’il y a de plus rationnels, d’investir dans une classe d’actifs très risquée et offrant une faible rentabilité. A mon sens le problème majeur vient de là. Pourquoi le capital risque en France et en Europe n’offre pas les mêmes niveaux de rentabilité qu’aux Etats Unis?
    Est ce du justement à une sous capitalisation des entreprises financées?
    Les sorties pour les VC sont elles plus difficiles étant donné l’absence d’une place boursière dynamique comme le Nasdaq ou d’acteurs industriels majeurs des nouvelles techno puvant proposer de bonnes valo? Ou bien y a t il peut être des conditions structurelles qui font que l’innovation est bloquée en Europe?
    Je pense qu’il faut vraiment réfléchir aux causes de cette faible rentabilité.

    Par ailleurs, je ne pense pas qu’une intervention trop directe de l’Etat soit la meilleure solution. Si on regarde les pays avec une industrie du capital risque qui a vraiment marché (Etats Unis, Israel, Taîwan), l’Etat se contente généralement d’instaurer un cadre incitatif (fiscalité, flexibilité du travail, etc..) mais n’investit que très peu d’argent directement.

  14. Tout a fait d’accord avec vous Julien, il existe d’autres pistes à étudier mais dans un billet il est impossible d’être exhaustif, déjà que celui-ci fut long…

    Oui il y a un problème de sortie, et des solutions existent….

    oui la fiscalité sur l’épargne est une solution et enfin avec les mesures sur l’ISF on va dans le bons sens mais aux USA ce type de mécanisme existe depuis plus de 20 ans,

    oui il y a des causes liés au projet lancer un business aux USA c’est s’adresser à un marché potentiel de plus de 300 millions d’habitants+ les pays anglophones+ homogénéité des lois..
    lancer un projet en France c’est un marché de 60 millions et si l’on vise l’europe il a de nombreux barrages (langues, cultures,lois, brevet…)

    Pourquoi se retourner vers l’ETAT ?, non pas dans une démarche d’assistance mais afin de récupérer ce qu’ils nous prend sous la forme de nos impôts…C’est juste récupérer le trop perçue mais là on revient à un cadre plus large d’une bonne gestion des deniers publics.

    Lorsque sur 100 l’état en capte 50 (un cadre commence à travailler pour lui à partir de mai juin: jusque là il travail pour payer sous différentes formes impôts et taxes) il est logique de lui demander une redistribution, lorsque l’Etat sur 100 en prend 30, le marché peut équilibrer le système du financement en autonomie….

    Car bien que la mesure sur l’ISF soit importante elle n’est point suffisante, car il n’y a pas assez de ménages relevant de l’ISF pour juguler le problème du financement de l’amorçage….

    Et pourquoi n’y a t il pas assez de ménage relevant de l’ISF, pourquoi les salaires net sont faibles en france??????

    Tout cela je vous l’accorde mérite une analyse plus approfondie…..je vais d’ailleurs peut être m’y pencher sur mon blog: www.capitalsocial.fr

  15. Bonjour,

    Concernant l’ISF, c’est tout de même plus de 500 000 foyers en France !
    Alors, c’est vrai que l’opportunité d’effacer complètement son ISF en l’investissant au capital d’une entreprise n’est pas à portée de tout contribuable ISF : le risque de se planter reste élévé !
    Cependant, je pense que c’est une grande chance pour ceux qui sont près à prendre un petit risque financier. Je dis petit car si un investisseur privé intervient directement (ou via une holding) au capital d’une entreprise, c’est 75% de l’investissement qui est déductible.

    Par exemple, un petit contribuable de l’ISF qui veut effacer 3 000 euros doit simplement investir 4 000 euros pour ne plus payer l’ISF … 1 000 euros en risque …

    Tout l’enjeu consiste à mettre en relation Entrepreneurs et Investisseurs…

    Je suis moi même entrepreneur. J’ai décidé de donner une première réponse à cela.
    Je viens de lancer VentureClass qui est une plateforme aux allures web 2.0 qui permet aux Entrepreneurs de présenter leur projet et d’entrer facilement en relation avec les Investisseurs privés / Business Angels …

    Je vous propose donc de venir découvrir ce site et pourquoi pas de renseigner votre projet et me donner un feedback !

    à bientôt
    Olivier

  16. Bonjour,

    Je vous conseille d’aller sur mon site si vous avez des problèmes de financement. Je peux vous proposer des solutions pour votre trésorie en utilisant l’affacturage sur http://www.e-assurance-credit.com .
    Je peux aussi vous aider à trouver des solutions pour garantir vos factures sous forme de forfait (pas cher et facile à mettre en oeuvre). N’hesitez à me poser des questions sur info@e-assurance-credit.com

    Stéphane.

  17. bonjour,
    je vous remercie tout simplement sur tout ce quevous aviez dis sur la création d’entreprise ,car il faut bie un jour décider de ce lancer suur un projet pour se liberer soit même de la maudite paye qu’on attend le 5eme ,voir des fois 8eme jour du mois. sinon je suis un etudiant algerien , j’ai choisi le thème de licence ( financement bancaire d’un projet de creation d’entreprise) et a vrais dire j’ai eu beaucoup de dificulté a rediger une problématique sur ce thème voila donc jedeamnde un help please
    je vous remerci

  18. Bonjour Nassim,

    Vous avez besoin d’aide, mais je n’ai pas compris à quel niveau?

  19. il suffirait d’attribuer a chaque personne qui arrive dans le monde du chomage un droit a se “lancer” avec une bourse direct de 15 000 € sans passer par des dossiers a ne plus en finir ce qui donnerait un apport vers les banques qui arreteraient d’etre frileuse ou de se lancer dans l’aventure;a charge pour le nouvel entrepreneur de reconstituer sa bourse sur ses bénéfices. idée a creuser?

  20. Qui verserait ce droit ? Quelles conséquences si on ne le rembourse pas ? Ce serait un droit automatique ?
    J’imagine déjà des milliers de créations de fausses boites…

  21. Cyril a été plus rapide que moi…

    Effectivement, il fut un temps où chaque créateur d’entreprise au chômage recevait automatiquement une subvention: le résultat, un taux d’échec important et le gaspillage de fonds publics.

    Pour qu’une entreprise réussisse il faut que le créateur prenne le risque de perdre de l’argent.

    D’ailleurs pourquoi d’une manière générale les entreprises privées sont mieux gérées que nos administrations et autres établissement publics ? parce qu’à la tête de ces structures publiques vous avez des gestionnaires qui n’engagent jamais leur propre argent, alors qu’au sein d’une PME vous avez des entrepreneurs qui gèrent leurs fonds….

    C’est toujours plus facile de dépenser l’argent des autres…et donc c’est plus facile de perdre l’argent des autres que le siens….

    Un exemple: au sein d’un établissement de recherche public j’ai vu un chef de service faire l’acquisition d’une voiture moyen/haut de gamme….alors que le nombre de kilomètre parcouru ne justifie pas une telle qualité. Je suis certain que ce même cadre aurait choisi un véhicule moins chère si l’argent était sorti de son compte bancaire plutôt que celui des contribuables.

  22. N’oubliez pas qu’un créateur d’entreprise peut aussi financer son projet grâce à l’affacturage. Les factors sont en effet plus enclin à prendre des risques que les banques. De bonnes infos sur le fonctionnement de l’affacturage sur ce site: http://www.e-affacturage.fr , et des interlocuteurs compétents!

  23. mahmoudfritis@yahoo.fr tel : 00 213 7 92 58 40 76

    Cherche , organisme public ou investisseur , pour produire des génerateurs électriques , non polluant et fonctionnant sans carburant , objet du brevet de l’invention
    ( Voir recherche google « procede rotal fritis « )
    Le montant total necessaire serait de l’ordre de plusieurs millions de dollars reparties comme suit
    - études industrielle de production
    - construction d’un prototype fonctionnel
    - reglement droits invention
    - unité de fabrication ( terrain + construction )
    - matiere premiere , salaires pour le demarrage 5 ans
    Le besoins pressant de ce genre de generateur électrique permettra de rembourser rapidement ce capital et de créer par consequant des dividandes , tout en employant
    une mai d’œuvre de plus de 100 personnes ( selon les objectifs assignés )
    L’implantation de cette usine serait selon les conseils de l’investisseur
    je pourrai vous adresser les renseignements que vous jugerai utiles
    toute proposition sera étudié dans l’interet des deux parties

  24. Mais que faites-vous de l’APPORT EN INDUSTRIE?
    La Loi de Modernistation de l’Economie a récemment remis au goût du jour le dispositif d’apport en industrie. Personnellement, je l’utilise pour développer ma plateforme (http://www.boursomissions.fr).
    En résumé, cela revient à donner des parts sociales en échange d’un apport en travail, savoir-faire ou notoriété. PLUS BESOIN DE SOUS!
    J’ai créé un site sur le sujet http://www.apport-en-industrie.fr
    A vous lire

  25. bonjour,je vient de cree un produit deposer l INPI sans concurant et souhaite le commercialiser. pour me contacter drissakil@gmail.com

  26. Bonjour
    Vous aviez besoin de prêts d’argent entre particuliers pour faire face
    aux difficultés financières pour enfin sortir de l’impasse que
    provoquent les banques, par le rejet de vos dossiers de demande de
    crédits ?
    Je suis un particulier d’experts financiers en mesure de vous faire un
    prêt allant de 1000€ a 1.500.000€ pour un taux de 2% l’an a toute
    personne capable de rembourser et avec des conditions qui vous
    faciliteront la vie. Voici les domaines dans lesquels je peux vous
    aider:
    * Financier
    * Prêt immobilier
    * Prêt à l’investissement
    * Prêt automobile
    * Dette de consolidation
    * Marge de crédit
    * Deuxième hypothèque
    * Rachat de crédit
    * Prêt personnel
    Vous êtes fichés, interdits bancaires et vous n’avez pas la faveur des
    banques ou mieux vous avez un projet et besoin de financement, un
    mauvais dossier de crédit ou besoin d’argent pour payer des factures,
    fonds à investir sur les entreprises. Alors si vous avez besoin de
    prêt d’argent n’hésitez pas à me contacter pour en savoir plus sur mes conditions bien favorable.
    En attente de vos nouvelles

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  28. je suis un entrepreneur togolais qui recherche un financeur pour créer ma propre entreprise immobilière.si vous etes interesser écrivez moi sur: leonceimmobiliers@yahoo.fr

4 rétroliens à propos de “Le financement de la création d’entreprises” :

  1. Belle réflexion sur le financement de la création d’entreprise at Business Academy : Entreprendre à 20 ans !
    Le 26 octobre 2007 à 10:59
  2. Capital Social
    Le 30 octobre 2007 à 15:49
  3. La gratuité dans le web, une illusion à long terme ? | My private blog
    Le 1 juin 2010 à 16:51
  4. Belle réflexion sur le financement de la création d’entreprise ⁂ financement
    Le 27 septembre 2014 à 18:36

Par contre, il y a encore des trucs qui ne marchent pas. Par exemple il a compris 'DesignS' au lieu de 'Design'.

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A Propos

Je m’appelle Stéphane Thomas et je suis Ingénieur Senior expert dans le développement d'applications web complexes. Etant également un peu Entrepreneur, j'ai tenté l'aventure de la création d'un nouveau service Internet appelé Loomiz. Je suis maintenant le cofondateur d'Hitomi Studio, un studio de développement spécialisé dans la réalisation de sites ecommerce haut de gamme pour de jolies marques.

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