La gratuité dans le web, une illusion à long terme ?
Publié le 20 nov 07 à 12:40 | Catégorie : Web 2.0 | 32 commentaires
Cet article a été écrit par Jean-Philippe Martinez. Jean-Philippe est Consultant Senior en charge du Département Entreprises au sein du cabinet Interfaces, Directeur de la Pépinière d'Entreprises EOLE de Narbonne et Directeur de la Pépinière de Corbeil-Essonnes. Il est l'auteur du blog Capital Social dans lequel il aborde la problématique de la création et du financement de sociétés innovantes.
Et si nous tordions le coup à un concept pourtant utilisé à longueur de journée par les médias et beaucoup de nos concitoyens : la gratuité. Dans la sphère d’intervention de nos administrations publiques et collectivités locales, ce concept est sur utilisé :
- gratuité des transports sur Paris
- gratuité des livres scolaires dans certaines régions
Qui peut imaginer que sur cette terre, par je ne sais quelle baguette magique, nos chères administrations ont la capacité de rendre ces différentes prestations gratuites :
- le conducteur de bus travaille gratuitement ?
- les auteurs et éditeurs des livres font du bénévolat ?
Non la gratuité des uns c’est le paiement par d’autres… Car au final, il y a toujours quelqu’un qui doit payer l’addition.
La force de l’Etat réside dans sa capacité à individualiser les avantages et les privilèges tout en diluant les inconvénients. C’est plutôt ici que réside la magie du système. En effet, en tant que parent vous pouvez être satisfait de ne pas avoir à payer les livres scolaires de vos chères têtes blondes. Par contre ce privilège est assumé par l’ensemble des contribuables actuels et futurs lorsque ces dépenses sont financées par la dette.
Avec le web 2.0, ce concept de gratuité n’est plus seulement l’apanage de la sphère publique : il a aussi contaminé la sphère du business.
En effet, le business model le plus répandu aujourd’hui consiste à créer sur la toile en accès libre des services qui ne sont pas rémunérés par l’utilisateur ou le consommateur mais par des annonceurs ou des sociétés qui utilisent le site web comme écran de publicité.
Nombreuses société Internet ont vocation à devenir de véritables supports de communication pour annonceurs. Peut être qu’un jour le plus grand des grands géants du web lors d’une interview déclarera que sa société n’a qu’une seule vocation : vendre du temps de cerveau disponible entre deux billets et entre deux fonctionnalités.
Alors le web utilise les mêmes recettes que la télé à papa ?
En parlant de recettes éprouvées, ne sommes-nous pas en train d’assister à la renaissance d’une des plus vieilles actions de communication : celle de l’homme sandwich.
Mais si rappelez-vous, ces bonshommes encartés devant et derrière par de la publicité. Et bien peut être que dans quelques années ce ne sont plus les billets ou les blogs qui seront sponsorisés mais plus directement leurs auteurs.
Cette tendance, je l’entrevoie par exemple sur l’excellent blog de Jean-François Ruiz, car certains de ses billets lus via un agrégateur donnent ce type de résultat : Webdeux.info, Jeux Flash et Des Trucs de Oufs vous proposent l´article suivant.
On pourra me répondre que c’est le blog qui est sponsorisé et qu’il est par nature délicat de dissocier le contenu d’un billet et son auteur, la pertinence du billet vient crédibiliser son auteur et vice et versa.
De plus, lorsque son auteur laisse des commentaires sur d’autres blogs, ces derniers ne sont pas sponsorisés. Et quand vous l’appelez sur son portable, vous ne tombez pas non plus sur le message suivant : vous êtes bien sur la messagerie de Jean-François Ruiz, le magazine des Geek Man’s vous invite à laisser un message après les 3 bips.
Néanmoins, est-ce si déraisonnable d’imaginer qu’après le blog écran de publicité succède le blogueur support de communication ? Il en va de même dans le sport car un annonceur a le choix entre sponsoriser un tournoi de tennis ou sponsoriser un joueur. Finalement, le web 2.0 n’est pas si révolutionnaire que ça… Mais revenons à cette dichotomie entre l’utilisateur d’un service et celui qui paye in fine.
Cela va t-il durer ?
Dans la sphère publique, la notion de gratuité commence à trouver ses limites car enfin les contribuables font le lien entre les dépenses de l’Etat et leurs feuilles d’impôts. Ce faisant, du point de vue du budget de l’Etat, le niveau des prélèvements obligatoires (principale source de financement) ne peut augmenter à l’infini obligeant ainsi nos administrations à se réformer en prenant en considération des gros mots comme efficacité et efficience.
Au niveau de nos entreprises du web 2.0 les sources de revenus ne risquent-elles pas également de se tarir ? Aujourd’hui la filière du financement Internet est la suivante :

Mais attention un des éléments de la chaîne peut se gripper. Et lorsque le marché se retourne, quel est l’un des premiers postes de dépenses où l’on fait des économies ? Celui de la communication. Je vous laisse deviner la suite…
Bon, soyons optimistes, il n’y aura pas de crise, donc aucun tour de vis au niveau des budgets de communication. Néanmoins ces derniers ne sont pas extensibles à l’infini. Or nous voyons tous les jours de nouveaux services apparaitre. Ne risque-t-on pas d’avoir une demande de financement (via la publicité) supérieure à l’offre ? Je vous laisse deviner la suite…
Contexte de l’écriture de cet article
Jusqu’à présent lorsque j’écris sur un thème, que ce soit sur Capital Social ou avec mon premier billet ici même sur le financement de la création d’entreprise, mes propos sont assez tranchés. Avec ce billet, la démarche est tout autre. Bien qu’étant convaincu du bien fondé de certains points, je pense qu’il faut approfondir la réflexion (voire la contredire) et plutôt que de le faire seul, pourquoi ne pas recourir à la communauté des simples… :
- entrepreneurs ?
- blogueurs entrepreneurs ?
- entrepreneurs blogueurs ?
Alors au plaisir de vous lire.
A lire également
Vous pouvez continuer votre lecture sur des sujets similaires en consultant les articles suivants :
- Surveiller votre réputation ou celle de votre marque avec Pleegs
- 365 Idées, le générateur de projets web 2.0
- Créer des timelines facilement avec Dipity
- Tout l'univers de Simple Entrepreneur sur Netvibes
Les visiteurs qui ont vu cette page ont consulté ensuite :
- 45 applications web 2.0 françaises (32 lectures)
- Le financement de la création d’entreprises (28 lectures)
- Peut-on encore créer une application web 2.0 tout seul ? (19 lectures)
A savoir
Si vous le souhaitez, vous pouvez être prévenu de la parution de nouveaux articles en vous abonnant par RSS ou par email.
3 rétroliens à propos de “La gratuité dans le web, une illusion à long terme ?” :
-
Géant 2.zéro » Blog Archive » Gratuité + API : comment les entreprises du web 2.0 se tirent une balle dans le pied
Le 21 novembre 2007 à 19:55 -
Capital Social
Le 29 novembre 2007 à 10:13 -
Werbung - Angebot und Nachfrage « Das Frage-Blog
Le 3 juin 2008 à 07:16




29 commentaires à propos de “La gratuité dans le web, une illusion à long terme ?” :
On pourrait remplace “web” par “radio” dans l’article et se demander le bien fondé de la question. Le modèle service contre publicité existait bien avant le web.
De plus il faut quand même remarquer que de plus en plus de service en ligne sont sur le modèle freemium (base = gratuite, fonctionnalité avancé = payant) mais sur des tarifs adaptés (quelques euros par mois)
Olivier le 20 novembre 2007 à 13:30 (#1)
Je suis convaincu que le développement de la pub sur le web ne fait que commencer, et que donc les revenues qui en découlent ne seront que plus gros plus tard. Le web est tout simplement en train de remplacer les autres médias de communication, et ça ne risque pas de se finir avec l’arrivée d’internet sur nos mobiles.
Je crois donc sur le web au tout gratuit ou presque, financé par la pub, c’est le modèle d’avenir. Maintenant il est vrai que quand on voit des services web 2.0 levant des millions d’euros là on peut se demander si ça va être rentabilisé un jour…
Antonin le 20 novembre 2007 à 13:54 (#2)
Je rejoins assez bien Olivier sur le fait qu’ici non plus, le “web 2.0″ n’invente pas vraiment.
De plus le gratuit ne se finance pas QUE par la publicité. C’est certainement une des solutions les plus évidentes mais pas la seule…
LapinLove404 le 20 novembre 2007 à 14:31 (#3)
Salut,
gagne sur plusieurs terrains à la fois : en créant, l’utilisateur se profile lui même (il renseigne + ou - indirectement ses gouts : ex : envoi de mail, notation de resto etc etc ), il permet donc une pub mieux ciblée, et en plus il fabrique gratuitement (mais il paie par le temps passé en qque sorte) du contenu pour le site qu’il utilise.
La pirouette du gratuit pour faire supporter le coût à d’autres (annonceurs etc …) est à mon sens assez passionnante et même si à première vue le modèle existe deja avec la télé et la radio, là ou le web change vraiment la donne, c’est au niveau du ciblage de cette publicité qui sera / est dejà bien mieux ciblé qu’à la radio ou la télé : c’est le premier point.
Mais là ou certains vont encore plus loin c’est quand le gratuit sert à attirer pour mettre de la pub mais sert en plus pour que les utilisateurs génèrent (volontairement ou involontairement) du contenu : ex création de maps (plan de métro, cartes touristiques, évaluation de commerces etc etc ).
A partir de là on (=le site
J’avais lu un livre il a qques temps la dessus “Gratuit ! Du déploiement de l’économie numérique” par Olivier Bomsel mais je ne vous le conseille pas, l’auteur reste un peu trop sur le registre du “en téléchargeant gratuitement les mp3s on pille les auteurs”, et du coup, n’approfondit pas trop les méchanismes cités plus haut : le gratuit contre des pubs et du contenu créé.
y!onel le 20 novembre 2007 à 15:12 (#4)
Bonjour, merci pour cet article!
Tout d’abord une petite réaction:
tu dis: “Par contre ce privilège est assumé par l’ensemble des contribuables actuels et futurs lorsque ces dépenses sont financées par la dette.”
Oui, bien sûr… mais le privilège des parents n’est pas seulement ‘assumé’ par les contribuables… Ces mêmes contribuables sont aussi gagnants sur le moyen-long terme, parce qu’ils vivent dans une société ou les gens sont éduqués, ce qui dynamise l’économie… et qui les affecte indirectement, par la qualité de vie qui découle d’une économie en santé…
bref…
Je suis d’accord avec les commentaires en gnéral dans le sens que je crois que le modèle économique cité ici estpeut-êre abordé de manière un peu plus simpliste. Mais comme vous avez dit, le but est de construire un article collaboratif… ou qq chose comme ça…
Je dirais que j ene suis pas d’accord sur quelques points, mais peut etre que je me trompe aussi… Il me semble par exemple qu’on petu effectivement assumer une baisse des investissements en communications, mais les entreprises vont toujours avoir besoin de marketing surtout quand vient le beau temps après la tempête.
Bref, ce n,est pas le Klondike, bien sûr. Il n’en demeure pas moins que les sites les plus efficaces en termes de transformation de leur traffic en client ou en participants, vont toujours garder une bonne influence, parce qu’ils se mettent directement entre les annonceurs et leur audience, quelque fois ciblée en plus…
Il ne faut pas oublier que les médias sont souvent les maîtres de la culture populaires ( au sens très large bien sur) et qu’ ils ont une importance capitale dans le bon déroulement du capitalisme en général. En ce sens, les médias qui ont beaucoup d’audience sont de facto importants…
Sinon, au sujet des sites gratuits, je pense qu’il peut-être relativement risqué de se baser sur un modèle d’affaires entièrement gratuit, mais comme on l’a mentionné ici une fois qu’un site obtient une audience assez grande, il peuvnet expérimenter avec des modèles de financement plus complexes…
A+
Alexis
Alexis le 20 novembre 2007 à 20:48 (#5)
Bonjour,
Je ne pense pas que le tableau soit si sombre que vous le brossez, du moins à moyen terme:
1° - le transfert des budgets des annonceurs des supports traditionnels vers le web ne fait que commencer comme l’atteste les chiffres publiés dernièrement dans le journal du net : “Selon le président de l’IAB, Jérôme de Labriffe, (…) le marché de l’e-Pub sur Internet devrait rapidement dépasser celui de la radio et de la publicité extérieure pour s’installer à la troisième place du podium des médias français.” > http://www.journaldunet.com/eb.....ndex.shtml
2° - Internet est un excellent support qui propose un échange interactif, une grande précision de ciblage et un faible cout de diffusion et de mise en oeuvre.
> http://www.journaldunet.com/eb.....et/7.shtml
3° - Internet devient encore plus présent avec les interfaces mobiles et donc incontournable.
4° - Comme Alexis, je pense également que l’acquisition d’une certaine surface ou légitimité favorise de nouveaux business modèles et l’émergence de services premium payants.
En conclusion, le financement du web par les annonceurs a encore de beaux jours devant lui, et quand les protagonistes seront trop nombreux, la concentration d’une part et la disparition des plus petits d’autre part, contribueront à réguler naturellement le marché et ses flux.
Diagnosite le 20 novembre 2007 à 23:15 (#6)
Merci pour l’appréciation du site webdeux.info (qui n’est pas que le mien d’ailleurs). 2 petites remarques seulement. Quand tu fais un lien sur mon nom je préfère autant que celui ci pointe vers mon ziki (my.ziki.com/jfruiz) qui est plus réprésentatif de ma personne que simplement le blog webdeux.info.
Ensuite les liens que tu as pu voir dans le feed, sont des liens vers d’autres sites du portail webdeux.info. C’est donc un moyen de créer des liens vers les autres contenus que nous éditons. Mais c’est surtout un moyen de “contrer” tout ceux qui republient sauvagement notre flux rss un peu partout sur le web et qui crée des problèmes de référencement pour notre site. La chasse au “duplicate content” est sans fin, donc on a décidé d’avoir une démarche inverse en injectant cette “petite” phrase avec des liens vers le site initial et les autres sites du portails afin de contrer tout ceux qui remonétise notre contenu…
Sinon sur le reste de l’article cela me semble une bonne analyse et devrait permettre à certains de comprendre le fonctionnement de pas mal de sites et services web. Ce que tu ne mentionnes pas c’est que la majeure partie du temps, tout ces services sont en fait financer directement par le système de google adsense qui se veut l’interface entre annonceur et contenu ciblé faute d’avoir du temps et les moyens de vendre l’espace en direct à des annonceurs. Sommes-nous dans l’économie Google ? Combien de temps cela va-t-il durer ?
JF Ruiz le 21 novembre 2007 à 09:11 (#7)
Bonjour Jean-Philippe,
je me permets de renvoyer vers deux billets qui touchent deux points évoqués dans l’article : le sponsoring de blogueur et, plus largement, le sponsoring tout court (pour son activité en ligne comme hors ligne).
http://www.chouingmedia.com/bl.....pace_pubs/
http://www.chouingmedia.com/bl.....en_ligne_/
De mon point de vue, la gratuité sur le net provient de deux raisons :
. les personnes qui développent des services ou des sites sont des passionnés, prêt à passer un temps fou pour affiner une application ou
. s’ils quittent leur poste de salariés pour se lancer, ils sont largement rémunérés dans les premières années par les éventuelles indemnités de licenciement et ensuite par le chômage. Quand ce n’est pas le cas, cela implique un petit pécule mis préalablement de côté.
En fait je ne vois pas la gratuité sur le net comme une fin en soi, mais comme la conséquence d’un état de fait : pour beaucoup gagner de l’argent via leur passion n’est pas prioritaire.
D’ailleurs il est intéressant de noter que la la plupart des sites web sont lancés gratuitement mais deviennent plus ou moins payants ou avec une pub plus intrusive quand la fin des fonds propres de ses créateurs s’approchent…
Cedric le 21 novembre 2007 à 09:47 (#8)
“D’ailleurs il est intéressant de noter que la la plupart des sites web sont lancés gratuitement mais deviennent plus ou moins payants ou avec une pub plus intrusive quand la fin des fonds propres de ses créateurs s’approchent… :)”
> Helas, c’est tristement vrai : la faiblesse du financement des start-up en france est catastrophique pour l’innovation !
Diagnosite le 21 novembre 2007 à 10:05 (#9)
(F)Utile ?
La gratuité des services proposés sur le web reflète surtout le manque d’indispensabilité de ses mêmes services au regard des “vrais” besoins des utilisateurs : j’aime bien me rendre sur facebook, mais je ne paierais pas pour ça, car pour l’instant je n’en ai pas vraiment besoin. Et c’est pareil pour la majorité des services que j’utilise.
J’ai fait une exception avec Viadeo, car c’est un site utile. La version gratuite de base suffit pour se constituer un réseau et participer aux différents hubs, tandis qu’en phase de recherche d’emploi active, le compte premium permet de passer à la vitesse supérieure.
Beaucoup de site web 2.0 n’ont de toutes manières aucune stratégie claire pour gagner de l’argent. On se croirait revenu 10 ans en arrière : on fait un site, on fait venir l’utillisateur et après on voit comment on peut monétiser tout ça…
L’autre stratégie utilisée rejoint celle des freeware : on fait un bon produit et on laisse à l’utilisateur le choix de donner un peu d’argent. Pour moi ça ressemble furieusement à … faire la manche au feux rouges…
Aujourd’hui, les réseaux sociaux ont le vent en poupe. Mais attention au retour du refoulé : lorsque les données de l’utilisateur seront vraiment mobiles (open social ou autres) se sont les sites eux-mêmes qui paieront l’utilisateur pour qu’il rende visible son profil… A méditer
bruno bichet le 21 novembre 2007 à 11:31 (#10)
Quand tu parles de services de mises en relation payant (viadeo pour ne pas le citer), je crois au contraire que ce genre de gains va s’estomper à terme pour des modèles plus ouvert qui ne font pas payer la mise en relation comme une finalité en soit (facebook ?)
Copainsd’avant à été le premier à revoir sa copie sur la mise en relation payante…
JF Ruiz le 21 novembre 2007 à 11:40 (#11)
@JF Ruiz > Je crois aussi aux modèles plus ouverts, mais pour l’instant ces modèles n’attirent pas tous les publics : sur Viadeo on trouve de nombreux décideurs, cadres, etc… pour lesquels Viadeo remplace le blog et les groupes de discussion : c’est un peu le web dans le web.
Sans compter qu’en payant un compte premium sur viadeo on a toujours l’espoir de rentabiliser l’investissement
bruno bichet le 21 novembre 2007 à 11:59 (#12)
Facebook (pour ne citer que lui) attire tous les publics, il y a également beaucoup de décideurs dessus, de cadres, de personnalités publiques, politiques… Et a la vitesse où il croient actuellement en france il risque bien d’imposer la mise en relation directe et gratuite comme un standart et donc faire chuter les sites qui vendent de la mise en relation, viadeo mais aussi xing, où encore meetic !
“L’espoir fait vivre” et vides tes poches dans ce cas là
JF Ruiz le 21 novembre 2007 à 12:06 (#13)
Ola,
Moi, il y a, un modèle qui m’intéresse, c’est celui des journaux gratuit, je pense qu’il y aura des société sur le net qui en prendrons l’exemple (nous d’ailleurs !). L’idée de créé une société de communication innovante sur le net avec une belle image et une bonne solution pour la communication de la dite société.
Je pense qu’une solution viable (économiquement) à long terme est de créé une société pour les fonds et une autre pour la communication !
GonzO le 21 novembre 2007 à 13:29 (#14)
Concernant le ciblage, Internet est effectivement plus efficace que la TV ou la radio qui restent très généralistes. Mais les journaux (gratuits ou non) arrivent à diffuser de la publicité ciblée vers leur auditoire (mais plus cher que sur le web).
Le principe des AdSense de google n’est pas révolutionnaire : il y avait déjà les encarts publicitaires dans les pages-jaunes. On cherche un coiffeur, on trouve la pub pour un coiffeur … on peut mieux cibler ?
Grom_NaN le 21 novembre 2007 à 20:12 (#15)
Je partage tout à fait l’analyse faite dans le billet à propos des perspectives hasardeuses sur le long terme de ce modèle reposant sur la gratuité pour les utilisateurs et la rétribution du service par des annonceurs.
Le web 2.0 n’a pas encore trouvé son modèle économique. Il se contente pour l’instant d’adopter celui de Google. La course à la page vue conduit la plupart des acteurs a faire cadeau de la valeur ajoutée procurée par leurs services. Je développe cette idée ici : http://www.geant2zero.com/?p=243/ à propos de la mode des API.
Cordialement
lsm le 21 novembre 2007 à 22:26 (#16)
Re!
Hum, je ne suis pas tout à fait d’accord avec Lsm, le fait d’offrir une API n’est pas -forcément- une façon de se tirer une balle dans le pied. A mon sens cela est à rapprocher du modèle : je vous donne des outils gratuits (et l’API est une déclinaison de cela), et en les utilisant, vous allez me générer du contenu . Ensuite je m’occupe de monétiser ces contenus.
Ex concret si Loomiz fournit une API pour gérer les bookmarks sans passer forcément par Loomiz.com, que se passe-t-il ? Bien sur il y aura peut être une perte ponctuelle de gens qui ne passeront plus par loomiz.com et donc perte de pub, mais d’un autre coté, on assistera à une recrudescence d’outils utilisant cette API, donc à une multiplication des utilisateurs et à une génération de contenu qui devrait être plus importante. Et -a priori- c’est le contenu qui est important, la valeur d’un site comme loomiz (mais peut être Stéphane pourra en dire 2 mots) repose sur l’effet de masse des utilisateurs et le nb de bookmarks hostés qui permettra ensuite de croiser les infos et de suggérer des nveaux liens pertinents à partir des liens décrits (en référence par ex au service d’Amazon : vous avez aimé tel livre, celui ci peut peut être vous intéresser…).
Il y a d’autres intérêts à l’API : c’est aussi une manière de voir ce que les gens arrivent à imaginer comme services à partir de l’API de base quitte à voir ensuite ce qui marche et l’intégrer dans le service de base . Ex : suite à l’API gMaps on a vu des sites qui permettaient d’éditer, annoter des cartes etc etc .
Résultat qques temps après, gMaps a intégré cela dans le service de base coupant d’une certaine manière l’herbe sous le pied aux services qui avaient utilisé l’API. Cela montre d’une certaine manière que souvent, le rapport de force est favorable à celui qui propose l’API, pas à celui qui l’utilise.
y!onel le 22 novembre 2007 à 09:59 (#17)
Nous sommes bien d’accord sur le fait que l’API procure un certain bénéfice pour le service émetteur (développement rapide et gratuit des déclinaisons du service de base, diffusion virale permettant d’enrichir les contenus générés, etc).
Le souçi pour moi , c’est que les API concernent souvent des applications à forte valeur ajoutée ou des ponts vers d’autres services (ex API E-bay sur Facebook). C’est un phénomène de parasitisme comme on dirait en biologie. Pour le service offrant l’API, il y a donc un manque à gagner immédiat car c’est un tiers qui s’approprie l’infrastructure pour éventuellement la monétiser à son profit.
Je ne suis pas contre les API ; je pense qu’elles devraient plus souvent être payantes ou s’accompagner d’un partage des revenus qu’elles générent (une forme de licence, comme dans l’économie traditionnelle où certaines entreprises payent pour utiliser les brevets d’autres).
Cordialement
lsm le 22 novembre 2007 à 10:13 (#18)
@Diagnosite: A moyen terme on peut considérer que le transfert des budgets de communication des médias traditionnels vers les médias Web seront suffisants pour offrir des financements suffisants aux projets web apportant vraiment une valeur ajoutée aux utilisateurs.
Mais à court terme, n’avez vous pas l’impression que l’offre de financement est déjà inférieure à la demande et cela même pour les projets qui mériteraient un financement.
Cette interrogation on peut également la formuler vis à vis des sociétés de capital risque: aujourd’hui l’offre de financement est réduite ce qui génère un niveau de sélectivité excessif.
Ce faisant un projet n’est pas financer parce qu’il n’est pas crédible en soit, mais parce qu’il attirant qu’un autre. Ce faisant un dossier est analysé de manière intrinsèque mais également de manière relative en le comparant à un autre…..
Si l’offre de financement s’élargit des dossiers aujourd’hui refusaient, trouveraient des financements.
@JF Ruiz: Je vais modifier le lien sur ton nom car le lien initial est plutôt réducteur
Effectivement Goolge est en train de devenir indirectement un organisme de financement, surtout si l’on fait le lien avec le commentaire n °8 de Cédric. Il faut espérer que Google n’arrive jamais à une situation de monopole….
@GonzO: je suis curieux de votre concept, on peut en savoir plus: “Je pense qu’une solution viable (économiquement) à long terme est de créé une société pour les fonds et une autre pour la communication !”. Peut être que l’idée pourrait m’inspirer pour mon blog www.capitalsocial.fr
Jean-Philippe le 22 novembre 2007 à 11:54 (#19)
@jean-philippe
Ne confondons pas “client” et “financeur”, SVP.
Pour tous les services dont la seule source de revenus est l’affichage de publicité, Google est un client ou un apporteur d’affaires, et malheureusement, le seul qui soit en mesure d’apporter des volumes significatifs. C’est toujours très dangereux de dépendre d’un seul client (et on constate que google n’hésite pas à déréférencer le cas échéant, entraînant une baisse brutale des revenus publicitaires et condamnant l’entreprise).
D’autant plus que Adsense ne constitue qu’une part minime des revenus du moteur de recherche (moins de 20% je crois).
Pour le web 2.0 financé par la publicité, Google doit être vu comme un apporteur d’affaires en situation de quasi-monopole, choisissant ses fournisseurs selon une logique opaque
Un financeur est apporteur des capitaux ; il prend le risque économique de l’affaire. Il s’engage à long terme aux côtés de l’entreprise. Voir Google comme le fonds de financement du web 2.0, c’est commettre un contre-sens économique.
Cordialement
lsm le 22 novembre 2007 à 12:30 (#20)
@Jean-Philippe :
Je n’ai jamais apprécié le fonctionnement des grosses structure (trop lentes, trop difficile à bouger, pertes de motivations, manque de chaleur humaine, etc.) donc je suis partie du principe que la meilleure solution c’est plusieurs sociétés.
Nous avons donc décidés de créés plusieurs sociétés spécialisés, pour notre cas, une société de voyages (un TO), une société de communications/Créations/Développements et une société d’ingénieries Informatique.
Ses 3 société fonctionnerons comme un cercle vertueux, chacune travaillant pour les autres (avec bien sur une ouverture vers des clients externes, si la demande existe).
Notre volonté est d’avoir des sociétés dynamiques, motivés, innovantes et surtout indépendantes financièrement.
Le TO crées des voyages grâce au moteur de la société d’ingénierie et fais sa communication grâce à la société de communication.
La société de communication gagne assez d’argent pour créé des pôle de créativité (non lucratif) qui donnerons une bonne image au TO.
La société d’ingénierie gagne assez d’argent pour développer ses outils et créé des pôles de recherche qui donnerons une bonne image au TO aussi.
Je ne sais pas si je m’explique bien, sur le fonctionnement ?
Dis moi si tu veux plus d’explications !
Chao
GonzO le 22 novembre 2007 à 14:19 (#21)
@Lsm, évidemment que Google n’est pas un fonds de financement ( d’ailleurs je n’ai point utilisé ce vocable) mon propos n’était point celui-là mais plutôt de le considérer comme une ressource financière particulière.
Mais je vais l’exprimer différemment: pour de nombreux projets Google constitue la seule source de financement initiale sachant que le client final visé dans le business model d’origine n’est pas google mais d’autres (entreprises, particulier avec des services preniums…).
De plus certains porteurs de projet concilient activité professionnelle et entrepreneuriat avec comme ressource financière supplémentaire la publicité alors que les client finaux visés à terme ne sont pas forcément les annonceurs.
Pour terminer une entreprise est constituée d’un pool de moyen qui doit être financé par un pool de ressources financières, parmi elles nous trouvons la capacité d’autofinancement qui comprend les clients……
GonzO , tu ne serais pas le cousin de Sir Richard Branson, président de Virgin: car sa stratégie de développement de son groupe est basée sur le même concept… en espérant que tu connaisses la même destinée…. merci
Jean-Philippe le 22 novembre 2007 à 15:04 (#22)
@Jean-Philippe :
Jajaja
J’aimerai être son cousin, je lui aurais fais un petit prêt à taux zéro, remboursable sur 150 ans. J’aime bien son dynamisme et optimisme mais je ne me suis pas aidé de son expérience mais plutôt de mon vécu !
En tout cas j’espère que nous réussirons aussi bien
Chao et merci
GonzO le 22 novembre 2007 à 16:26 (#23)
@Jean-Philippe :
Tout à fait d’accord ! Effectivement, à court terme, l’offre de financement est ridicule et ne permet pas de financer les projets qui le mériteraient, hélas !
Je vais donc dans votre sens: “aujourd’hui l’offre de financement est réduite ce qui génère un niveau de sélectivité excessif.”
Et pourtant le secteur est dynamique : il se monte énormément de projets, mais comme l’observe Cédric, plus haut, “la plupart des sites web sont lancés gratuitement, par des passionnés, mais deviennent plus ou moins payants ou avec une pub plus intrusive quand la fin des fonds propres de ses créateurs s’approche”. J’ajouterai: puis disparaissent car ils n’atteignent que rarement leur point mort.
De ces réflexions, il apparait que la principale limitation à court terme est la taille du marché visé : la france ne suffit pas ! Il faut d’emblée adopter un périmètre international pour envisager d’atteindre la masse critique et engendrer des revenus pour au moins tenir coté pub et attirer des capitalistes étrangers plus volontaires et dotés. D’ailleurs, notre ami Loîc l’a bien compris, puisqu’il est parti à San Francisco avec son Seesmic sous le bras pour lui donner toutes ses chances. C’est triste de devoir quitter la france pour mener ses projets web, non ?
Diagnosite le 22 novembre 2007 à 19:59 (#24)
moi je crois qu’on se voile un peu la face en disant ” l’offre de financement est ridicule et ne permet pas de financer les projets qui le mériteraient”. Le capital-risque en France ne s’est jamais aussi bien porté.
Ce qui réduit l’offre de financement sur le secteur web 2.0, c’est surtout la vacuité des business plans et la monotonie des modèles économiques.
Aucun banquier ne prêt d’argent à une entreprise qui dépend d’un seul client (comme c’est le cas pour toutes les start-ups qui fonctionnent avec les recettes de la pub) ; aucun investisseur n’apporte de capitaux à une entreprise dont la seule perspective de valorisation est la vente hypothétique de son capital à un google ou un microsoft.
Cordialement
lsm le 22 novembre 2007 à 20:10 (#25)
S’il est vrai que l’offre de financement tend à s’étoffer effectivement ces derniers temps en france, on est encore loin du volume requis. Cet état de fait a encore été dénoncé dernièrement par une commission sur le fiancement de l’inovation.
Je vois des projets aux USA et en australie qui lèvent des sommes importantes en se financant strictement sur la pub: c’est donc une question de surface et de volume.
Ensuite, Google n’est pas le seul dans la place : il y a des régies, de l’affiliation, des partenariats et des négos directes. Certains sites éditoriaux ont même leur propre régie. Même s’il faut en passer par les fourches caudines de Google, elles peuvent se montrer genereuses comme le prouve Dauran qui vit quasi-uniquement de ses Adsens après 3 ans de travail, même si ce n’est pas encore très confortable.
Enfin, concernant les sorties, Google et Microsoft ne sont pas seuls non plus : notre ami Arnaud Barey de Voyager Moins Cher vient de faire une belle sortie auprès de Price Minister, et il y aura de plus en plus d’exemples dans le futur de concentrations de ce type.
Alors, hauts les coeurs, il faut s’accrocher, s’acharner, savoir redoubler d’ingeniosité pour palier au manque de moyens pour atteindre au plus vite le point mort. Et ça ne sera pas si douloureux que ça puisque nous sommes tous des passionnés
Diagnosite le 22 novembre 2007 à 20:33 (#26)
@lsm, il convient d’aller plus loin que les effets d’annonce et communiqué de presse au sujet du capital risque…
Le capital risque va de mieux en mieux et même le capital amorçage sur le dernier trsimestre, mais il n’en demeure pas moins que les projets financés en capital risque en france ont en général plutôt 4 années d’existences avec du chiffre d’affaires plutôt que 6 mois sans aucun client. Ce faisant une partie (majeure) de la définition du capital risque est oubliée: financer la phase de lancement commercial et industriel….
Pour s’en convaincre pourquoi ne pas visionner:
Vidéos Exclusives: Rencontrer un des leaders du capital risque mondial: 3I
Même le gouvernement vient d’en prendre conscience en indiquant dans ses
4 mesures pour améliorer le financement des PME que France investissement aura pour vocation d’aider à la création d’entreprise en intervenant dans cette phase délaissée.
Jean-Philippe le 22 novembre 2007 à 23:32 (#27)
Très intéressant.
Mais l’investissement est parfois modique pour le web2, du moins pour des sites de faible importance et leurs auteurs assuments seuls leurs investissements.
Xavier le 5 décembre 2007 à 13:30 (#28)
De toute façon, c’est toujours les mêmes qui paient !
François le 7 décembre 2007 à 17:02 (#29)
Ajouter un commentaire