The 4-hour workweek

Publié le 13 jan 09 à 07:15 | Catégorie : Divers | 15 commentaires

C’est sur la recommandation d’une connaissance que je me suis procuré le livre de Timothy Ferriss intitulé The 4-hour workweek: Escape the 9-5, Live Anywhere and Join the New Rich. J’avais également lu quelques commentaires positifs (certains d’ailleurs sur ce blog). Comme son titre le suggère, l’auteur y explique comment s’organiser pour s’échapper de son travail quotidien et optimiser son temps pour profiter pleinement de la vie (de préférence en voyageant à travers le monde). Mais je viens de le terminer et je dois dire que c’est une véritable déception.

The 4-hour workweek

Vous vous en rendrez vite compte, Tim (pour les intimes) n’est probablement pas l’écrivain du siècle. Son style d’écriture est plutôt vulgaire, assez basique et direct. La philosophie prônée tout au long des 300 pages que compte The 4-hour workweek est basée sur différents principes :

  1. Attendre la retraite pour faire ce que l’on aime est le pire des scénarios
  2. Faire moins ne veut pas dire être paresseux
  3. Le timing n’est jamais bon
  4. Ne pas attendre la permission pour faire quelque chose
  5. Se concentrer sur ses forces plutôt que sur ses faiblesses
  6. L’argent n’est pas la solution à tous les problèmes
  7. Les revenus relatifs sont plus importants que les revenus absolus

Ce dernier point est à mon avis le concept le plus important de ce livre. L’auteur insiste en effet sur le fait que la richesse d’une personne ne peut pas être estimée uniquement par rapport au solde de son compte en banque. Il introduit ainsi un nouveau paramètre à prendre en compte : le temps.

En effet, quelle est à votre avis la personne la plus à son aise ? Celle qui travaille 80 heures par semaine pour gagner 100 000 euros par an ou celle qui travaille 10 heures par semaine pour récolter 50 000 euros à la fin de l’année ? La dernière bien sûr, qui est 4 fois plus riche à temps égal.

Malgré tout, je crois que j’ai définitivement tiré un trait sur ce livre quand j’ai lu le chapitre où Tim Ferris explique comment il assomme ses professeurs de questions pendant 3 heures pour s’assurer qu’il n’aura plus de mauvaise note et surtout comment il devient champion de kickboxing en exploitant une faille du règlement (c’est-à-dire en poussant ses adversaires hors du ring pour que ces derniers soient éliminés). Je pense que comme pour beaucoup de choses, il est important d’adopter une ligne de conduite basée sur l’honnêteté et le respect. Très clairement, Tim Ferris ne partage pas ces valeurs.

Tout un chapitre est consacré à l’outsourcing, ou comment déléguer des tâches quotidiennes ou sans intérêt à une assistante virtuelle basée en Inde. Mais sa démonstration tourne là encore rapidement au ridicule le plus complet lorsque le donneur d’ordres demande à son assistante d’écrire un email à sa femme pour lui dire qu’il l’aime. Je ne suis pas vraiment sûr que sa femme ait apprécié…

The 4-hour workweek semble plus destiné au salarié qui rêve d’un autre job (d’un monde meilleur ?) qu’à l’entrepreneur. L’idée étant de ne plus avoir à venir au bureau, mais au contraire de travailler à distance et de faire des mini retraites un peu partout dans le monde. Quand on connaît la flexibilité requise par le monde du travail d’aujourd’hui, je vois mal comment faire admettre ça à son management, surtout en France. Ceci dit, je reste persuadé que le télétravail est une tendance qui va aller en s’accroissant.

Voilà, vous savez tout sur ce livre. Mis à part le principe sur le calcul de la richesse et sur l’importance de profiter de la vie dès maintenant, le reste du contenu est très pauvre et mal écrit. Les conseils sont difficiles à appliquer. Et à partir du milieu du livre, on a véritablement l’impression de se retrouver dans les pages jaunes. A la fin de chaque chapitre, on retrouve en effet tout un catalogue de sociétés en tout genre.

Bref, je ne vous conseille pas vraiment l’achat de cette oeuvre. Je vois d’ailleurs que je ne suis pas le seul à partager cette opinion. Comme le dit Tim Ferris lui-même, votre temps est précieux. Ne le gâcher pas en lisant ce livre (il y en a des biens meilleurs dans le même genre).

Voici pour terminer quelques extraits du livre (ceux qui m’ont semblé les plus intéressants). Je vous laisse apprécier le style unique de Tim Ferris :

Let’s define “laziness” anew - to endure a non-ideal existence to let circumstance or others decide life for you, or to amass a fortune while passing through life like a spectator from an office window. The size of your bank account doesn’t change this, nor does the number of hours you log in handling unimportant e-mail or minutiae.
Focus on being productive instead of busy.

For all of the most important thinkgs, the timing always sucks. Waiting for a good time to quit your job? The stars will never align and the traffic lights of life will never all be green at the same time. The universe doesn’t conspire againt you, but it doesn’t go out of his way to line up all the pins either. Conditions are never perfect. “Someday” is a disease that will take you dreams to the grave with you. Pro and con lists are just as bad. If it’s important to you and you want to do it “eventually,” just do it and correct course along the way.

Most who avoid quitting their jobs entertain the thought that their course will improve with time or increases in income. This seems valid and is a tempting hallucination when a job is boring or uninspiring instead of pure hell. Pure hell forces action, but anything less can be endured with enought clever rationalization.

If you are kidding yourself, it is time to stop and plan for a jump. Barring any James Dean ending, your life is going to be LONG. Nine to five for your working lifetime of 40-50 years is a long-ass time if the rescue doesn’t come. About 500 months of solid work.

It’s lonely at the top. Ninety-nine percent of people in the world are convinced they are incapable of achieving great things, so they aim for the mediocre. The level of competition is thus fiercest for “realistic” goals, paradoxically making them the most time and energy consuming.

If you’re five years old and say you want to be an astronaut, your parents tell you that you can be anything you want to be. It’s harmless, like telling a child Santa Claus exists. If you’re 25 and announce you want to start a new circus, the response is different: Be realistic; become a lawyer or an accountant or a doctor, have babies and raise them to repeat the cycle.

Even if you produce twice the results you had in the past, if you’re working a quarter of the hours of your colleagues, there is a good chance of receiving a pink slip. Even if you work 10 hours a week and produce twice the results of people working 40, the collective request will be, “Work 40 hours a week and produce 8 times the results.” This is an endless game and one you want to avoid.

There is an inescapable setup time for all tasks, large or minuscule in scale. It is often the same for one as it is for a hundred. There is a psychological switching of gears that can require up to 45 minutes to resume a major task that has been interrupted. More than a quarter of each 9-5 period (28%) is consumed by such interruptions.

Just because something has been a lof of work or consumed a lot of time doesn’t make it productive or worthwhile.

Don’t confuse the complex with the difficult. Most situations are simple - many are just emotionally difficult to act upon. The problem and the solution are usually obvious and simple. It’s not that you don’t know what to do. Of course you do. You are just terrified that you might end up worse than you are now. I’ll tel you right now: If you’re at this point, you won’t be worse off.

In the world of action and negociation, there is one principle that govers all others: The person who has more options has more power. Don’t wait until you need options to search for them. Take a sneak peek at the future now and it will make both action and being assertive easier.

If you’re confused about life, you’re not alone. There are almost seven billion of us. This isn’t a problem, of course, once you realize that life is neither a problem to be solved nor a game to be won.
If you are too intent on making the pieces of a nonexistent puzzle fit, you miss out on all the real fun. The heaviness of success-chasing can be replaced with a serendipitous lightness when you recognize that the only rules and limits are those we set for ourselves.

Je serais néanmoins reconnaissant envers Tim Ferris de m’avoir fait découvrir cette merveilleuse citation de Thomas Watson, le fondateur d’IBM :

Would you like me to give you a formula for success? It’s quite simple, really. Double you rate of failure.

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13 commentaires à propos de “The 4-hour workweek” :

  1. même si j’ai bien aime ma lecture de 4hww, j’apprécie cette critique, severe, du bouquin.

    je suis quand même un peu surpris de cette sévérité.

    Tim n’écris pas très bien, mais c’est probablement plus lisible que beaucoup de bouquin qui se veulent “bien ecrit” et dont les phrases sont plus dures a comprendre que les idées.

    Et si certains conseils sont difficilement applicable (surtout en europe, Time étant, a mon avis, très americano-centrique) il y a en d’autre qui restent bons et efficaces.

    Pour l’outsourcing, attention aux raccourcis. si je ne me trompe pas, l;histoire du je t’aime c’est un article d’un autre auteur reprit par tim. Et puis, l’idée n’est pas d’aller aussi loin. Il reste plein de choses “outsourcable” en dehors de cette vie privée et intime…

    en plus du calcul de la richesse et du “profiter” de la vie, je retiens quand même d;autre points du bouquin : lister ses peurs et ses craintes pour mieux les dépasser, l’idée générale du “lifestyle design” et le fait que la productivite doit servir un but autre que ‘faire plus”… J’aime aussi le concept de créer ou compartimenter les revenus pour un but précis.

    Et si tu n’as pas aime le cote brut et exagérer du bouquin, je trouve que c’est aussi une de ses forces : il provoque et rompt le concensus…

  2. Je suis assez d’accord avec cette critique.

    Assez parce que je me suis dit à peu près la même chose bien avant d’arriver à la fin, j’ai donc rendu cet ouvrage à son propriétaire…

    @LapinLove404 : Quant au coté brut & exagéré*, je trouve qu’il n’apporte rien à la lecture du bouquin…

  3. Content de te voir parler de ce livre.
    Personnellement, ce livre a changé ma vie. Il explique une manière de fonctionner que je ne pensais pas possible. Si beaucoup de choses sont simplifiées dans le livre, il n’en reste pas moins très enrichissant.
    Il est clairement à mettre en face du style de Tim Ferriss, direct et faisant simple.

  4. Ha bah je suis content, on m’a offert ce livre, j’avais lu les 10 premières pages et je m’étais dit que j’avais en face de moi un con prétentieux qui voulais nous faire croire qu’il avait inventé la roue.
    Du coup je peux le jeter. Merci pour ce gain de temps !!!

  5. J’ai aussi lu ce livre. Plusieurs choses :
    - Le style est clairement opposé à la conception que l’on peut avoir de la littérature. Mais au moins c’est direct, clair et compréhensible. C’est dans la même veine que la plupart des bouquins pro américains (en plus poussé encore peut-être).
    - L’auteur paraît un peu prétentieux, mais là aussi, il faut le remettre dans le contexte américain (je n’ai pas dit que les ricains étaient prétentieux, juste qu’ils ont moins de mal que nous à mettre en avant leurs réussites et leur argent). Et cela a également comme avantage de donner un peu de motivation aux gens qui en auraient besoin.
    - Comme TOUS les livres sur le développement personnel, il ne faut surtout pas attendre une recette pour réussir. Le développement personnel est, comme son nom le dis, propre à chacun. Il faut plus lire ce livre comme un ensemble de petites techniques et réfléchir ensuite à l’adaptabilité de ces techniques dans notre cas personnel. Et comme TOUT livre de développement personnel, il y a quelques idées intéressantes à retenir. L’outsourcing et ses calculs de rentabilité sont à mon avis très intéressants.
    - Globalement, ce livre a le mérite de nous mettre face à nos contradictions occidentales : nous passons plus de temps à gagner de l’argent qu’à le dépenser. Si on arrive à relativiser la valeur intrinsèque de l’argent, on se rend compte que l’hypothèse de départ de son livre est assez intéressante. A adapter ensuite à notre vie personnelle.

    En tous cas, félicitations pour cette critique, très bien écrite et argumentée.

  6. Merci pour cette belle critique :) Le top reste quand le travail est une passion et en devient un plaisir ! Le web nous permet ca par exemple, si quelqu’un commence a penser qu’à ses loisirs au boulot, il vaut mieux qu’il pense a changer de travail, car sa vie va lui sembler trés longue sinon !

  7. Ces critiques sont légitimes mais honnêtement c’est vraiment du chipotage sur des détails sans importance. La seule critique qui me semble légitime est le fait que dans le modèle de Tim il n’y a pas vraiment de place pour la passion dans le travail, car elle est remplacée par de la passion dans d’autres activités. Mais là encore ce que Tim veut dire c’est qu’il est possible de ne consacrer que très peu de temps à gagner suffisamment pour vivre, nous sommes ensuite libre de notre temps pour construire plus. C’est un concept immense.
    Je suis surpris comme ce livre est perçu par certains comme “grotesque” et par d’autres comme une référence incontournable.
    Pour ma part je suis entrepreneur depuis plusieurs années et ce livre m’a ouvert les yeux et a changé ma vie, nous sommes bcp dans ce cas, n’est-ce pas la preuve d’une oeuvre de référence ?

  8. Pas glop alors?

  9. En effet LapinLove404, ce n’est pas Tim qui demande à son assistante d’envoyer un message d’amour (c’est pourquoi je parle de donneur d’ordres dans mon article). Mais je pense vraiment qu’il n’aurait pas dû utiliser un tel exemple.

    Jean rappelle un point important que j’aurais dû mentionner dans ce billet, à savoir le fait qu’il s’agit d’un livre de développement personnel (je vous laisse consulter son excellent commentaire pour avoir plus d’explications à ce sujet).

    Merci à tous pour vos commentaires. C’est vraiment très intéressant de partager ses opinions et de voir comment chacun de vous a apprécié (en bien ou en mal) ce livre.

  10. Merci pour cette chronique Stéphane :) .

    Pour ma part, ce livre a complètement changé ma vision du business, alors que je dirige mon entreprise depuis 8 ans. Il a m’a fait prendre conscience de tellement de choses que je peux dire qu’il a bouleversé ma vie car de nombreux projets que j’ai aujourd’hui sont tirés des réflexions que j’ai eu après avoir lu ce livre, tout comme les actions que je fait actuellement.

    J’ai lu un certain nombre des livres que Tim Ferris recommande et tous ceux que j’ai lu sont remarquables, à commencer par The E-myth et Walden ou la vie dans les bois. La semaine de 4 heures fait partie intégrante du cheminement qui m’a poussé à me lancer dans mon défi du Personal MBA et dans le blogging, tout en amorçant un changement de stratégie significatif pour mon entreprise.

    Je suis d’accord avec la majorité des écueils que tu pointes, notamment le coté ultra-individualiste et l’égo un peu trop boosté de l’auteur, néanmoins que je pense que ce livre :
    - est écrit dans un style simple et concis qui va droit à l’essentiel. Personnellement, je lis la littérature pour le plaisir et les livres de business pour trouver des idées, méthodes et astuces et tout ce que je leur demande c’est que la forme ne desserve pas le fond ;) .
    - est bourré d’idées géniales, certaines facilement applicables (diète médiatique - la difficulté dépend de votre métier bien sûr, chronorêve) et d’autres moins.
    - pousse un nombre incalculable de personnes a changer de vie pour se consacrer à des choses qui leur semble essentielles. Il est motivant et il fait rêver. Combien de livres peuvent se targuer de cela ?

  11. Personnellement je dirais que c’est sans aucun doute le meilleur livre que j’ai lu depuis bien des années dans le sens où ça m’a donné un nombre incroyable d’idées, de raccourcis, de trucs et de points de vue différents directement applicable à mon business …
    Après 20€ dans l’absolu c’est que dalle, il suffit d’y trouver UNE source d’inspiration ou UN concept et vous l’aurez amplement rentabilisé. Même si le livre était 10 fois plus cher j’en aurais eu pour mon argent. Et au pire si vous ne l’aimez pas vous le revendez 14€ sur amazon et vous n’aurez investi que 8€ et quelques heures …

  12. J’ai mis en pratique ces méthodes : ça fonctionne, tout simplement.

    Il faut un peu de courage pour oser ce qu’il fait, mais l’essentiel est le résultat.

    Avant, je bossais bien 12 heures par jour, en éliminant ce qui est inutile je réduis à 4-5 heures maximum et en bossant moins de jours.
    En terme de rentabilité, je suis passé d’un chiffre ne me permettant pas de me tirer un salaire à une situation confortable.

    Donc pour moi c’est un bon livre. ^^

  13. Florent, ton témoignage m’intéresse, j’aimerai t’interviewer sur mon blog.
    Si cela t’intéresse, tu peux me contacter ici ;) .

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2 rétroliens à propos de “The 4-hour workweek” :

  1. pligg.com
    Le 14 janvier 2009 à 22:40
  2. Comment apprendre une langue en 3 mois | MosaLingua
    Le 25 mai 2009 à 00:12

alors ce nouveau site, ça avance ? :)

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A Propos

Je m’appelle Stéphane Thomas et je suis Ingénieur Senior expert dans le développement d'applications web complexes. Etant également un peu Entrepreneur, j'ai tenté l'aventure de la création d'un nouveau service Internet appelé Loomiz. Je suis maintenant le cofondateur d'Hitomi Studio, un studio de développement spécialisé dans la réalisation de sites ecommerce haut de gamme pour de jolies marques.

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